Hyperstreet de Jean-Claude Meynard – Histoire d’un tableau

Dès ses premiers tableaux, au début des années 70 Jean-Claude Meynard interprète l’acuité du regard dans le sens d’une plus grande force de saturation du visible. Dans les scènes urbaines ou sportives qu’il peint alors, l’ensemble du tableau apparaît dépourvu d’une hiérarchisation compositionnelle ou d’un quelconque centre focal. Construite par accumulation tabulaire et par juxtaposition de détails, l’image ne se laisse appréhender que comme un fouillis de formes en lutte entre elles. Autrement dit, la surabondance des éléments visuels provoque un effet nouveau qui remet en cause nos habitudes perceptives telles quelles ont été fixées par la peinture de la Renaissance, à savoir que l’immobilité de la représentation picturale équivaut toujours à une maîtrise du réel représenté. En fait, il s’agit d’un effet visuel qui est vital et troublant à la fois puisqu’il nous amène à une redécouverte tonifiante de la richesse du réel, mais aussi à nous confronter à l’irréductibilité de cette luxuriance des formes et des objets qui nous entourent. La réalité est quelque chose de multiple et de non maîtrisable, telle est la première approche du monde que propose la peinture de Jean-Claude Meynard. ( Texte de Giovanni Lista)

Le pop-art n’était un réalisme qu’en apparence. Tout le glissement qu’il opérait de l’objet à son image ne servait qu’à démontrer l’absence de l’objet dans l’image. Toute image, même la plus apparemment réaliste, est un fantasme. C’est dans la ligne du pop-art que Meynard a d’abord montré sa virtuosité de dessinateur. Il fallait le voir peindre une moto, les innombrables bouteilles derrière le comptoir du bistrot, ou même en quatre tableaux reconstituer le paysage d’une rue de la Butte Montmartre en une vue panoramique. C’était en 1975. La précision dite photographique en peinture nous trouble et jadis déjà le trompe l’oeil créait un fascinant malaise. Peut-être est-ce qu’il y a quelque chose de maniaque dans l’extrême précision, une façon de remplir le tableau de détails pour que s’y perde le regard, et sans doute aussi un désir un peu fou de ne rien laisser échapper d’une réalité qu’on ne peut pourtant représenter que dans la mesure où on s’en retire. ( Texte de Gilles Plazy)

1975 Hyper Street 1

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de JC Meynard – peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur – 1974/1975 – 1er panneau

1975 Hyper Street 2

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de JC Meynard – Peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur 1974/1975 – 2ème panneau

1974 Hyper Street 3

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de Meynard – Peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur 1974/1975  – 3ème panneau

1974 Hyper Street 4

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de Meynard – Peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur 1974/1975 – 4ème panneau

19741975-hyper-street1

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de JC Meynard – Vision totale  –

PARCOURS DE L’OEUVRE

HYPERSTREET a été présentée pour la première fois en 1975 à la galerie De Novum à Dusseldorf (Allemagne) puis, la même année, à la FIAC (Paris).

En 1976, elle a été présentée à la galerie « La Passerelle Saint Louis » (Paris) où elle a été acquise par un collectionneur qui par la suite a acquis la toile le  » FLIPPER »

HYPERSTREET, est réapparu pour la première fois en 2010 pour l’exposition  » Babel, la Géométrie des Enigmes ». L’exposition, organisée par Robert Bonaccorsi à la Villa Tamaris Centre d’Art, France, regroupait 30 ans de créations de Jean-Claude Meynard.

 

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