Triple actualité de Jean-Claude Meynard a SHANGHAI – CHINE

Citation

Invitation Expos 3

變形記, 分形藝術之動物寓言
Métamorphoses
Bestiaire Fractal

Du 13 mars au 10 avril 2016
Exposition à Shanghai
Galerie Dumonteil, Shanghai, Huangpu, Fuxing Middle
Rd, 523弄15号思南公馆22栋 101室 邮政编码: 200025

Du 24 mars au 27 mars 2016
Exposition à Hong Kong
Art Central Hong Kong

Du 29 avril au 2 mai 2016
Exposition à Peking
Art Beijin


Extrait du catalogue Métamorphoses, Bestiaire Fractal 
édité par la Galerie Dumonteil 
 Oeuvres de JC Meynard et texte du catalogue

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal  –  » Le Bélier « 

 création numérique sous Diasec / diptyque 165 x 120 cm x 2 – 2015

Hibou Night and Day Dyptique Web

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal  –  » Le Hibou Night and Day « 

création numérique sous diasec / diptyque 160 x 96 cm x 2 – 2015

Nid d'Abeilles OK Final

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal   » Nid d’Abeille « 

 création numérique sous diasec,  150 x120  cm – 2015

La FŽline

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal   «  La Féline « 

 création numérique sous diasec, 77 x 110 cm – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal  –  » l’Arborescence du Cerf « 

 création numérique sous diasec, 108 x 135 cm – 2014

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 Métamorphoses – série Bestiaire Fractal   » Ourang Outang  « 

 création numérique sous diasec, 145 x 120 cm – 2016

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal – « La Roue du Paon »

création numérique sous diasec,  110 x 92  – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Le Nautilus « 

 création numérique sous diasec,   80 x 110 cm  – 2014

Hippo Spring 1

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Hippocampe « 

 création numérique sous diasec, 156 x 120 cm – 2016

Mémoire d'ŽEléphantl

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Mémoire d’Éléphant  » 

création numérique sous diasec, 77 x 110 cm – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Pegasus « 

création numérique sous diasec , 90 x 120 cm – 2014

MŽduse OK 1

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –   » Gorgones « 

 création numérique sous diasec, 94,5 x 129 cm – 2015

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Tortue YiJing « 

création numérique sous diasec, 120 x 96 cm – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Ouroboros « 

 création numérique sous diasec, 50 x 120 cm – 2014

Monarque Papillon fractal WEB

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Le Monarque « 

création numérique sous diasec, 75 x 140 cm – 2014

Métamorphoses – Bestiaire Fractal

Texte du catalogue 
 

 L’œuvre de Jean-Claude Meynard, qui va de l’hyperréalisme à la géométrie fractale et à l’art numérique, est axée sur l’exploration de la complexité du réel et la place de l’homme au sein de cette complexité.

Depuis bientôt 40 ans, l’artiste a mis à jour des univers de la complexité à travers des créations picturales, sculpturales, scénographiques, et numériques, que la critique a pour habitude de classer en quatre grands cycles : Hyperréalisme (1974-76), Géométrie des Enigmes (1976-1980), Géographie des Corps (1980-1992) et Dimension Fractale de l’homme (1992 à nos jours)

C’est à partir de 1994, date à laquelle il cosigne le Manifeste « Fractaliste », que Jean-Claude Meynard rompt avec la perspective euclidienne pour des principes d’expansion, de saturation, et de réseaux à l’infini, repoussant ainsi les fondamentaux de la représentation classique du plan et de l’espace pour créer des images permettant d’appréhender le monde du XXIème siècle.

A partir de 2007, il travaille tout particulièrement sur une des icônes de la complexité : « Babel ». Concept qu’il a décliné sous des formes sculpturales emblématiques : la Tour, la Pyramide, les Monolithes de verre, la Sphère. Ces Babels ont été présentées en Chine, Turquie, Italie, et France. A ce jour, quatre Babels sont installées sur le pourtour Méditerranéen, la dernière née, la sculpture “World”, est installée en Chine.

Depuis cinq ans, l’oeuvre de JC Meynard s’est construite autour d’un concept tripartite qu’il a nommé « Métamorphoses, Hybrides et autres Mutations…». Une des premières réalisation visible de ce concept est “Le Papillon Fractal 2013 “, sculpture -métamorphose élaborée à partir d’une recomposition de la sculpture “ World ”.

Autour de ce concept, seront organisées en 2014 et 2015, à Paris, puis à Miami, une suite d’expositions présentant des oeuvres fractales toutes issues d’une même matrice de silhouettes humaines (Grand Palais Art Paris 2014, Scope Miami Beach Art Fair, U.S.A. 2014, The Art of Infinity, Gallery Mordoch, Paris, Miami, U.S.A 2015).

L’artiste va peu à peu élargir ce concept d’infinies métamorphoses à la figure animale et, en 2015, sur une proposition de Pierre Dumonteil, il va créer un Bestiaire Fractal qui sera le sujet de plusieurs expositions (Galerie Dumonteil, Paris, France – juin 2015, Musée Palazzo Tagliaferro, Andora, Italie – octobre 2015, Galerie Dumonteil, Hong Kong Fine Art Asia – octobre 2015, Mostra Arte, Palazzo Costanzi, Trieste, Italie – décembre 2015).

Dans le même temps, deux vidéos seront réalisées : « l’Animal Fractal que Je suis » et «  Infinies Métamorphoses ». “ Infinies Métamorphoses” sera présentée aux Musée des Arts et Métiers de Paris (octobre 2015). Ces deux vidéos, pour la première fois, traitent « visuellement » de l’œuvre de Meynard dans sa continuité en tant que métamorphose permanente.

Le Bestiaire Fractal est conçu à partir d’algorithmes de silhouettes humaines déjà présentes dans l’oeuvre de l’artiste, ce qui témoigne de la dynamique même de son parcours. Depuis les années 70, Jean-Claude Meynard compose et recompose à l’infini une œuvre qui s’auto-ressource et se métamorphose.

D’autre part, son Bestiaire, outre qu’il est une mise en oeuvre puissante du principe fractal, intègre le jeu même de la création.

Ordre, chaos, ordre… “Perturbations créatrices” dira l’artiste qui, sans cesse, va jouer de cet ordre et de ce chaos, pour que, du bouleversement, surgisse une image nouvelle, inconnue.

C’est ainsi, par une perturbation qui va rompre l’ordre initial, que la métamorphose va pouvoir se mettre en place et générer une représentation insoupconnée.

Les figures animales qui apparaissent ici, comme le Cerf ou les Gorgones, sont donc issues d’une désordonnance, presque d’une désobéissance, savamment organisée par l’artiste pour rompre l’ordre convenu du vivant, l’ordre appris, la grande séparation : homme, animal, et montrer la vie comme un algorithme sans fin ni limite, immense fractal composé de flux et arborescences d’où jaillit par instants une “ figure identifiable ” mais qui aussitôt s’échappe vers une autre métamorphose.

Dans ce Bestiaire, l’animal n’est pas plus tout à fait un animal, c’est un homme, mais ce n’est pas un homme, c’est un homme en devenir d’homme, ou un animal en devenir d’animal… le vivant n’est pas dans l’image fixe, il est dans le mouvement, la fluctuation… ainsi l’oeil tout rond du Hibou fait comme des ronds dans l’eau, comme la figure de l’Oiseleur épouse le vol palpitant des oiseaux…

Par la démultiplication infinie de la silhouette humaine à des échelles différentes qui compose la figure de l’animal, Meynard donne à voir le passage du vivant, d’un état à un autre état, l’aller-venir de l’homme à l’animal, dans les limites hésitantes du vivant.

A la frontière de l’homme et de l’animal, est-ce que la nature hésite ?

Ce Nid d’Abeille tout enveloppé d’une voilette humaine… cette Féline entièrement composée de la figure répétive d’un scribe… ce Paon qui se déploie en plumes d’hommes et qui miroite en vanité de Narcisse…cet Eléphant et ce Papillon Monarque partageant, pour qui sait regarder, la même architecture d’un visage d’homme démultiplié…et ce Nautilus, tel une origine du monde, tenant dans sa courbe de conque, des corps humains nus, à naitre… courbe de conque aussi que les cornes du Bélier, comme quoi les métamorphoses se déploient aussi d’un animal à l’autre, infinies métamorphoses…

Il y a là un mélange des territoires, une abolition des frontières, qui oblige à un nouveau regard, une nouvelle intelligence : où commence l’animal et où finit l’homme?

“ L’Animal fractal que je suis” * dira Meynard signifiant ainsi l’incertitude ontologique de toute identité, le glissement possible d’une forme à une autre forme, comme si le concept même de la métamorphose était désormais inscrit dans l’ADN du vivant : “ Je suis donc je change…” Aire de jeu rêvée pour un plasticien que de pouvoir ainsi recomposer le vivant, le reprogrammer jusqu’à inventer une mythologie nouvelle.

Comme l’écrit, GianCarlo Pagliasso, critique d’art et professeur en esthètique de l’art, les animaux de Meynard renouvellent l’iconographie traditionnelle en rendant perceptible l’articulation entre le naturel et l’historique, le symbolique et le réel. C’est en cela que son travail est le plus remarquable : esquisser l’insertion de l’infini dans le fini plutôt que de présenter une forme définitive, fermée à tout interprétation. Parmi l’un des premiers en France à avoir saisi les potentialités de la démarche fractale pour la création artistique, il en a aussi exploré toutes les implications en en faisant un outil de recherche et de découverte. Il a pu ainsi interroger la complexité et le caractère chaotique des phénomènes physiques en vue d’une meilleure compréhension du monde.

Le Bestiaire Fractal de Jean-Claude Meynard s’intègre dans cette perspective, réunissant à la fois les dimensions esthétiques et cognitives, il interroge l’identité et la légitimité de la place de l’homme dans le monde.

Il était naturel que Pierre Dumonteil, spécialiste passionné et exigeant de sculptures et représentations animalières, dont les galeries à Shanghai, Paris, et New-york, présentent les meilleurs artistes, s’intéresse à cette vision fractale de l’animal en ce qu’elle constitue une approche prémonitoire des bouleversements et métamorphoses du XXIème siècle, et s’il a choisi Pégasus en ouverture de l’exposition, cheval bondissant, immédiatement emblématique, c’est parce que, sans doute, il est entièrement composé d’une silhouette humaine aux quatre membres déployés, représentation de l’homme de la Renaissance par Leonard de Vinci… Une sacrée métamorphose.

Liza Zwann

* L’expression est une re-création du titre du dernier livre de Jacque Derrida : “ L’Animal que donc je suis “

 

 

 

 

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Villa Datris – Isle sur la Sorgue – Installation de la Sculpture World de Jean-Claude Meynard – 23 avril 2015

Mis en avant

VILLA DATRIS – FONDATION

Isle sur la Sorgue,Vaucluse, France

Installation de la Sculpture World de Jean-Claude Meynard  

23 Avril 2015

Villa Datris – Fondation – Isle sur la Sorgue, Vaucluse, France – 23 Avril 2015 – Installation de la sculpture « World » de Jean-Claude Meynard

Villa Datris – Fondation – Isle sur la Sorgue, Vaucluse, France – 23 Avril 2015 – Installation de la sculpture « World » de Jean-Claude Meynard

Villa Datris – Fondation – Isle sur la Sorgue, Vaucluse, France – 23 Avril 2015 – Installation de la sculpture « World » de Jean-Claude Meynard

Villa Datris – Fondation – Isle sur la Sorgue, Vaucluse, France – 23 Avril 2015 – Installation de la sculpture « World » de Jean-Claude Meynard

Villa Datris – Fondation – Isle sur la Sorgue, Vaucluse, France – 23 Avril 2015 – Installation de la sculpture « World » de Jean-Claude Meynard

JEAN-CLAUDE MEYNARD – ART FAIR SCOPE MIAMI BEACH 2014

DOUBLE EXHIBITION DE JEAN-CLAUDE MEYNARD

MIAMI  ART FAIR ET LELIA MORDOCH

DÉCEMBRE 2014 / JANVIER 2015
Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard – Gallery Lelia Mordoch

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Fabrication de l’oeuvre  » Métamorphose » by Jean-Claude Meynard

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard oeuvre " Métamorphose"

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard oeuvre  » Métamorphose »

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard - Oeuvre "Métamorphose"

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard – Oeuvre « Métamorphose »

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Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard – oeuvre  » Métamorphose »

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Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch gallery

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch gallery – Lelia Mordoch devant l’oeuvre de Meynard  » Métamorphose »

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard " Métamorphose"

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch – Oeuvre  » Métamorphose »

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch - Oeuvre " Métamorphose"

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch – Oeuvre  » Métamorphose »

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Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch – Oeuvre  » Métamorphose »

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch – Oeuvre  » Métamorphose »

Scope Miami Art Fair - Décembre 2014 - Jean-Claude Meynard

Scope Miami Art Fair – Décembre 2014 – Jean-Claude Meynard  chez Lelia Mordoch – Oeuvre  » Métamorphose »

 

« La Matrice de Babel » de Jean-Claude Meynard – Entre la science et l’art, vers une nouvelle mythologie du monde.


Babel

Par Lubica Gorcsosova, Cnam  – juin 2014

MATRICE

En hiver 2013, deux autobus de la commune de Valbonne transportent, outre les passagers habituels, une gigantesque silhouette fantomatique représentant l’homme qui se redresse et dont l’image semble se multiplier en grandissant jusqu’à l’infini.

Il s’agît de l’installation de l’artiste Jean-Claude Meynard achevant ainsi en mouvement son cycle des « Babels », qui décline en formes, matériaux et couleurs un seul et unique motif (celui même qui est visible sur les deux bus) – La Matrice de Babel ; conçue en 2007 d’abord sous la forme de simple lithographie en noir et blanc.

La série est présentée entre 2007 et 2013 lors des expositions en Italie, Chine, Turquie et en France. À ce jour quatre Babels sont installées sur le pourtour méditerranéen.

MYTHE DE BABEL

L’artiste s’empare du mythe biblique pour l’inverser, puis l’insérer dans sa propre vision du monde.

La Babel légendaire exprime la discordance et la désunion des hommes par les langues. Celle de Jean-Claude Meynard est un « symbole de concorde et de réconciliation », que figurent les silhouettes humaines de la matrice, qui forment une chaîne de solidarité, se soutenant mutuellement pour grandir. L’homme  devient l’élément d’un langage unique, englobant ainsi la complexité de l’univers dont il fait partie.

 

Ce concept est propre au mouvement artistique fractaliste que Jean-Claude Meynard rejoint à partir de 1994. Avec Susan Condé (écrivaine), Henri-François Debailleux (journaliste), Christine Buci-Glucksmann (philosophe), Edward Berko et neuf autres artistes, il signe en 1997 le Manifeste du fractaliste , et s’engage ainsi à abandonner « la rationalité euclidienne au profit de processus imprévus et non programmés ».

Selon ce groupe, seules les dimensions fractales conviennent pour décrire la complexité du monde tel qu’il se présente aujourd’hui (nouvelles technologies, mondialisation, création de réseaux, effet papillon).

La Babel de Meynard doit donc être considérée comme un objet fractal, un système auto-similaire se reproduisant à toutes les échelles, et la Matricecomme son algorithme. L’artiste applique ainsi sciemment dans son œuvre la forme et le fond de ce domaine des sciences mathématiques.

Une telle pénétration des principes de la géométrie fractale dans l’art est rendue possible une grande partie grâce au mathématicien franco-américain

Benoît B Mandelbrot (1924 ; 2010) – « père » des fractales, que Jean-Claude Meynard rencontre par ailleurs personnellement à plusieurs reprises.

Monstres et fées

La personnalité de Mandelbrot relève aujourd’hui d’un mythe, un mythe mathématique.

Dans le monde paisible des mathématiciens sévissaient des monstres effrayants sans nom. Surgissant à l’improviste de l’univers des hommes, trop compliqués, ils refusaient de s’adapter aux lois élégantes de la géométrie euclidienne. C’est alors qu’un polytechnicien français se met à les observer essayant de mieux les connaître, puis leur offre un nom: « fractale » (néol. du lat. « fractus » ; brisé, irrégulier ; utilisé pour la première fois 1974). Non seulement il réussit à les apprivoiser, mais les transforme en bonnes fées d’une beauté inouïe, avant de les renvoyer dans le monde des hommes.

Mandelbrot est le fondateur incontestable de cette nouvelle branche de mathématiques, même s’il n’est évidemment pas le seul héro de l’histoire ; beaucoup de scientifiques ont participé à l’étude des fractales (citons au moins Gaston Maurice Julia dont l’ensemble est le plus connu du grand public).

En plus, il participe activement à la vulgarisation de son travail (en décousant ainsi avec l’élitisme scientifique) et à la quête de nouveaux champs d’applications pour les fractales. Ces derniers sont nombreux, de l’astronomie, par la géologie (étude du relief, structures de roches, avalanche) ; la paléontologie (loi de puissance des apparitions et extinctions d’espèces) ; la médecine (structure des poumons, battements du cœur) ; la météorologie (nuages, banquise, vagues scélérates, turbulences, structure de la foudre) ; la volcanologie (prévision d’éruptions volcaniques, tremblements de terre) ; les sciences humaines (structure urbaine, évolution démographique) ; l’informatique (compression d’images) ; jusqu’à l’économie et les variations du marché de la bourse, sans oublier le domaine des arts. Et cette liste est loin d’être exhaustive !

Mais c’est le côté esthétique qui séduit le plus en dehors des cercles de spécialistes. Grâce aux nouveaux outils informatiques les algorithmes fractals dévoilent leur beauté vertigineuse.

Cet aspect artistique du travail de Benoît B Mandelbrot renoue avec l’approche scientifique de Jean-Claude Meynard. Le mathématicien s’interroge sur la phrase « au commencement était le verbe », qui devrait peut-être devenir « au commencement était l’image » ; l’artiste déclare : « Si la connaissance est scientifique, alors il faut proposer l’art comme un mathématicien ».

L’osmose entre la science et l’art, ne pourrait-elle pas constituer le langage universel du savoir ?

CHAOS ET COMPLEXITE

Les deux hommes nous offrent, chacun à sa façon une vision enthousiaste du progrès.

Face à un monde qui tourne à toute allure, saturé d’informations, subissant de nombreux effets pervers des avancées technologiques, nous pouvons nous sentir désorientés, ne trouvant plus le point au quel s’accrocher pour résister à sa force centrifuge. De centre, selon la philosophie fractaliste, il n’y en a point.

Par contre, Jean-Claude Meynard nous  propose une boussole – World,  et à travers  la Matrice de Babel replace l’homme dans l’univers. Il se sert des mythes pour véhiculer le message de l’espoir, l’espoir en l’humanité sur le chemin de la connaissance.

Trop utopiste peut-être… Mais serait-ce vraiment inconcevable de croire aujourd’hui que le monde ne va pas si mal ?

la Lucarne ▄ – http://ateliercst.hypotheses.org –

Posté par Michel Lette – Cnam

 

Jean-Claude Meynard, portraits, oeuvres, et compagnies

Jean-Claude Meynard – Inauguration de la sculpture fractale « World » par Marc Daunis  à Valbonne Sophia-Antipolis – 31 mai 2012

Meynard -

Meynard – 2012 – Exposition Istanbul – Chez Riff Art Projets – Interview

Meynard - Istanbul - 2012 - Interview

Meynard – Exposition Istanbul – 2012 – Interview

Meynard - Exposition Fractale à Istanbul chez Riff Arts Projects - 2012 - Interview sur Bateau sur le Bosphore -

Meynard – Exposition Fractale à Istanbul chez Riff Arts Projects – 2012 – Interview sur Bateau sur le Bosphore –

Meynard - photo du film " La World" -

Meynard – photo du film  » La World » – Décembre 2012

Meynard interviewé par Janny Plessis-Lumeau, directrice de la revue  » Sophia Mag/Métropole Mag » – juin 2012

Jean-Claude Meynard aux Sablettes - Seyne-sur-Mer - Tournage du film sur la Sculpture "World"

Meynard aux Sablettes – Seyne-sur-Mer – Tournage du film sur la Sculpture « World » – Novembre 2012

Inauguration de la sculpture « World Champagne » de Jean-Claude Meynard au domaine de Champagne Joël Michel à Brasles, Aisne, France – 30 septembre 2011 – En hommage à Joël Michel en présence de sa fille, Claire Michèle, de Jacques Kabral, député-maire de Château-Thierry, et du professeur Christian Cabrol.

Inauguration de la sculpture de Jean-Claude Meynard "World Champagne" réalisée en hommage à Joël Michel - champagne Joël Michel - 10 Septembre 2011 à Brasles, Aisne, France. De gauche à droite : Claire Michel, François de Villandry, le professeur Christian Cabrol, Jean-Claude Meynard, et Jacques Kabral sénateur-Maire de Château-Thierry

Inauguration de la sculpture de Jean-Claude Meynard « World Champagne » réalisée en hommage à Joël Michel – champagne Joël Michel – 30 Septembre 2011 à Brasles dans l’Aisne. De gauche à droite : Claire Michel, François de Villandry, le professeur Christian Cabrol, Jean-Claude Meynard, et Jacques Kabral député-maire de Château-Thierry.

Sculpture « World Champagne » de Meynard – les Champagnes Joël Michel – 30 septembre 2011

Jéroboam titré « Jean-Claude Meynard » et sabré par l’artiste pour l’inauguration de sa sculpture « World Champagne » – en hommage à Joël Michel – 30 septembre 2011, Brasles.

Sabrage du Jéroboam « Jean-Claude Meynard » par Meynard lui-même. Inauguration de la sculpture  » World Champagne » – Champagne Joël Michel

Meynard et le professeur Cabrol – Inauguration de la sculpture  « World Champagne » dans les domaines de champagne Joël Michel – à Brasles, Aisne, France.

La sculpture fractale de Meynard « World Champagne » à Brasles – En hommage à Joël Michel

Vision fractale des bulles de champagne, la nuit ! En hommage à Joël Michel –

Jean-Claude Meynard, Michel Lepolard, et la « World Champagne » – 30 septembre 2011 – Un hommage nocturne à Joël Michel.

Meynard et sa sculpture World Champagne - Septembre 2011

Jean-Claude Meynard et sa sculpture fractale World Champagne – Septembre 2011

Jean-claude Meynard - Réalisation de la World Champagne - Septembre 2011

Jean-Claude Meynard au coeur d’une bulle de sa sculpture « World Champagne » – Brasles – Aisne – Octobre 2011

Jean-Claude Meynard, le lendemain de l’inauguration de sa sculpture « World Champagne »… songeur!  Domaine de champagne Joël Michel à Brasles – 1 octobre 2011.
Pour visualiser le film sur l’inauguration cliquer sur la photo.

Asphalte - oeuvre de JC Meynard - Atelier Paris -

Asphalte – oeuvre de JC Meynard – Atelier Paris –

Meynard – « Transparences Fractales » – installation à la Villa Tamaris, la Seyne-sur-Mer, Var, France – 10 Septembre 2010

Meynard devant ses « Transparences Fractales » – série des Babels – Villa Tamaris – Septembre/ Octobre 2010 – Exposition :  » Babel, Géométrie des Enigmes « 

Meynard en interview – Exposition à la Villa Tamaris – Septembre 2010

Meynard devant une toile de Jacques Poli – Retrospective Jacques Poli en mai / Juin 2012 à la Villa Tamaris

Atelier de Meynard à Valbonne Sophia Antipolis, Alpes-Maritimes Atelier de Meynard - Sud

Atelier de Meynard à Valbonne Sophia Antipolis, Alpes-Maritimes – Photo José Tauzia

Meynard et André Campana. A l’arrière-plan la toile de Meynard le  » FLIPPER « … mythique! Invisible durant 30 ans, prêtée par André Campana pour l’exposition de Meynard à Tamaris en septembre 2010.

Meynard et le peintre Joël Stein vus par Philippe Vermes pendant l’exposition  » Les Infinis » à la galerie Lavignes-Bastille, Paris, avril 2001

Jean-Claude Meynard et Miguel Chevalier - Exposition collective chez Lelia Mordoch - Mars 2014

Jean-Claude Meynard et Miguel Chevalier – Exposition collective chez Lelia Mordoch – Mars 2014

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Vernissage de Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch – Interview pour NewsArtToday.Tv – 11 avril 2014

Vernissage de Jean-Claude Meynard - de gauche à droite : Olivier Vanuxem, Henry-François Debailleux, Alain Lamaignère, Gilles Bastianelli, Samantha Sellem, Bertrand Boucquey, Emilie Boiteau.

Vernissage Jean-Claude Meynard à la Galerie Lelia Mordoch, Paris – 11 avril 2014 – La Compagnie des Amis : de gauche à droite : Olivier Vanuxem, Henry-François Debailleux, Alain Lamaignère, Gilles Bastianelli, Samantha Sellem, Bertrand Boucquey, Emilie Boiteau.

André Brahic, Isabelle Grenier, Joëlle Freyre, Jean-Claude Meynard, vernissage xposition chez Lelia Mordoch - Avril 2014

André Brahic, Isabelle Grenier, Joëlle Freyre, Jean-Claude Meynard, vernissage xposition chez Lelia Mordoch – Avril 2014

Pascal Lansberg et Jean-Claude Meynard - Vernissage Meynard chez Lelia Mordoch - Avril 2014

Pascal Lansberg et Jean-Claude Meynard – Vernissage Meynard chez Lelia Mordoch – Avril 2014

Sonia Rubinsky et jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch - Avril 2014

Sonia Rubinsky et Jean-Claude Meynard chez Lelia Mordoch – Avril 2014 – Vernissage Jean-Claude Meynard

André Brahic, Patrick Bondoux, Paul Charbit, Jean-Claude Meynard - Valbonne 2014

André Brahic, Patrick Bondoux, Paul Charbit, Jean-Claude Meynard – Valbonne 2014

Peter Klasen, Mohamed Araba, Jean-Claude Meynard - Valbonne 2014

Peter Klasen, Mohamed Araba, Jean-Claude Meynard – Valbonne 2014

Meynard - Nov 2014 - Miami

Meynard – Nov 2014 – Miami

Meynard - Novembre 2014 - Miami

Meynard – Novembre 2014 – Miami

Elisabeth Préault – Préface catalogue de Pascal Bazilé –  » Les Effacés » – 2011

Préface du catalogue de Pascal Bazilé par Elisabeth Préault – Exposition  » Fleurs de Fer » à Turin, Italie, Galerie Claudio Botello – 2011  expositionturin2011_page_22

« LES EFFACÉES »

Conversation avec un critique d’art

– Ça commence par un paysage de campagne… la Beauce, une terre sans limites, en hiver, des champs lourds, noirs… j’avais 6 ans et c’était toujours en novembre, sous la pluie de novembre, le dimanche en famille nous allions au cimetière du village pour visiter nos morts… Visiter nos morts, l’expression me dérangeait parce que moi, à 6 ans, j’avais pas de morts.

– Et vous en auriez voulu ?

– Bien sûr j’en aurais voulu ! Des morts rien qu’à moi, des morts dont je me serais souvenus, dont j’aurais raconté l’histoire, et sur lesquels j’aurais pleuré… dans ce petit cimetière de campagne, la déambulation familiale entre silence et chuchotements, parents, oncles, tantes… regardez, ils arrivent, ils passent, ils savent où ils vont, ils reconnaissent les gens à leur tombe…

– Vous ne les suivez pas ?

– Non, moi j’ai mes tombes personnelles, celles de la partie Nord, venez, c’est à une centaine de mètres, sur la gauche, attention, la pluie, le chemin est boueux, nous y sommes, arrêtez-vous devant cette tombe et  lisez le nom gravé dans la pierre.

– C’est difficile… il est recouvert par les mousses…

– Faites un effort, lisez entre les mousses.

– C’est pas si simple.

– Je l’ai bien fait, moi !

– Eh ! Vous aviez six ans !

– J’avais d’autant plus de mérite, je savais à peine lire.

– Bon, je me penche, ça glisse à cause de la pluie, mais je vois, enfin je devine… Ma…rie… Rivière…

– Vous devinez très bien, maintenant sur votre droite, une autre tombe, lisez.

– Ros, Rose… la suite est trop dégradée.

– C’est un nom composé, comme une musique, penchez-vous davantage.

– Rose… Marie, Rose-Marie Chagrin… une musique triste, tiens, là-bas, votre famille est partie, vous avez remarqué…

– Tant mieux, on sera plus tranquilles, on va descendre les marches…

– Dois-je vous rappeler que je suis critique d’art et non visiteur de cimetière !

– Un critique d’art est toujours un peu un visiteur de cimetière…

– Oh ! Ca va, les aphorismes !

– Stop ! vous avez dépassé la tombe d’Amélie Regret, regardez, juste derrière vous.

Amélie Regret… ah, la pluie s’est arrêtée, mais là, j’ai beau me pencher, le nom est effacé…

– Le nom mais pas les dates, 1895-1915, la très courte vie d’Amélie Regret, un fiancé mort à la guerre, l’étang n’était pas loin, ses jupes ont fait un bruit de froufrou quand elle s’est laissée glisser.

– Qui vous a raconté ça?

– Le village… les villages savent tout… regardez, l’autre tombe à côté, le nom est effacé lui aussi et il n’y a aucune date, on sait seulement que c’était une femme, elle n’a pas choisi l’étang mais la bassine d’eau, la tête la première et le temps qu’il faut, comme personne ne connaissait son nom, on l’a appelée « Dimanche » parce que sa mort était un dimanche.

– On se suicide beaucoup dans votre cimetière…

– On se suicide uniquement dans la partie Nord, à l’écart de ceux qui sont morts convenablement. Cette partie du cimetière s’appelle « Les Effacées »

– A cause des noms qui…

– Oui, à cause des noms.

– Alors, à 6 ans, ce n’était pas la peine de savoir lire.

– Non, pas la peine.

– C’est pour cette raison que vous alliez dans la partie Nord ?

– Au début, oui… mais peu à peu l’endroit m’est devenu familier, comme si j’avais enfin trouvé mes morts, ou plutôt, mes mortes, une famille secrète, une famille peu folle…

– Pas d’hommes ?

– Non, à six ans, l’homme c’était moi, moi qui veillait sur elles.

– Et ça a duré longtemps ces veilles?

– J’ai eu 7 ans, puis 8, puis 9, je venais après la classe en cachette de mes parents, et les grandes vacances, qui m’éloignaient d’elles, me semblaient interminables, j’avais peur, j’avais la hantise de la fosse commune, je m’imaginais de retour au cimetière lisant un avis placardé sur la grille :« Par décision préfectorale, les effacées ont été transférées dans la fosse commune ». Plus de corps, plus de traces, plus d’histoires, Marie Rivière, Amélie Regret, et les autres, toutes disparues définitivement, alors, devant cette image insupportable, vous savez ce que j’ai fait?

– Comment le saurais-je ?

– Réfléchissez ! C’est un acte simple qui ne devrait pas échapper à un critique d’art.

– Et bien ça m’échappe !

– J’ai acheté un carnet à dessins.

– Pardonnez-moi, ça n’aurait pas du m’échapper… vous avez laissé faire votre imaginaire et dessiné vos effacées.

– Non, à 9 ans, dessiner des corps de femmes, c’était trop difficile, alors j’ai dessiné l’eau, l’eau qui les avait recueillies, bercées, emportées, dessiner les remous, le miroitement, et quand la Grande Moire s’est jetée du pont…

– La Grande Moire?

– Oui, la Grande Moire, quelqu’un l’a vue, il a vu son corps de plongeuse, immense, droit, fuselé, transpercer l’eau…et plus rien… j’ai dessiné  » Le Plus Rien », cette eau plate, l’eau de sa mort… la Grande Moire, elle est là, sur votre droite.

– Il n’y a pas de pierre tombale ?

– Non, comme pour la Petite Veuve, juste à côté, 13 ans, veuve de personne, ou plutôt veuve d’elle-même, on n’a jamais retrouvé son corps, on a parlé d’un marécage… il m’a fallu vingt ans pour oser la sortir de sa boue, de sa glaise, et la sculpter… pendant vingt ans, j’ai sculpté autre chose, je ne voulais pas sculpter ces femmes-là, à la va-vite, histoire de les sortir de ma tête et qu’on en parle plus. Alors, j’ai attendu… et puis un jour, il y a eu un tracé, une ligne, une simple ligne avec quelques marches de douleur, comme des hoquets d’enfants : c’était la Petite Veuve, elle sortait de sa nuit, elle était devant moi, calme, reposée, ma première gisante… puis il y eut la Dame Blanche et la Mère Supérieure, elles sont arrivées au même moment, dans la même torsion d’acier qui m’a pris deux longs mois. Etrangement leur corps avait une pose identique, la Mère était simplement supérieure à la Dame – plus accoudée, plus dressée…

– Et leur histoire ?

– Le village l’ignore. On dit qu’on les a découvertes dans une chambre d’auberge, endormies côte à côte, mais on dit aussi qu’elles ne dormaient pas, qu’elles attendaient, qu’elles guettaient… c’est leur attente obstinée que j’ai sculptée.

– Et si ces femmes n’attendaient rien, ne guettaient rien, si finalement tout ce que racontait votre village était faux ?

– Quelle importance puisque désormais tout est vrai… la Dame Blanche et la Mère Supérieure reposent dans mon atelier, sur leur stèle, comme la Grande Moire, Amélie Regret, et toutes les autres……

– Vous en avez sculptées combien?

– Neuf.

– Neuf ? mais j’en ai compté huit.

– Vous avez mal compté, la pluie recommence à tomber… 

– Non, non, j’ai bien compté huit… il en manque une.

– Il faut y aller, le cimetière va fermer…

– Où est la neuvième ?

– Nulle part.

– Comment ça… nulle part ?

– La neuvième n’est pas morte.

– Mais pourtant, vous l’avez sculptée !

– Oui, je lui ai même donné un nom, Blanche, Blanche comme une page vierge.

– Un nouveau carnet de dessin ?

– Si vous continuez à me poser des questions, on va finir noyés… 

– Eh bien, comme ça, on restera dans l’ambiance ! Bon,  je vous suis, c’est vrai qu’il pleut des trombes… Mais quand même, Blanche, dîtes-moi, s’il vous plait, c’est qui, Blanche ?

– Blanche, c’est moi.

Préface du catalogue de Pascal Bazilé – pour l’exposition  » Fleurs de Fer  » à Turin ( Italie) Galerie Claudio Botello – 2011.

  • Bibliographie Elisabeth Préault
  • Julius Terman – Roman – Edition Balland – 1992
  • Les Visages Pâles – Roman – Editions Gallimard – 1997
  • Les Hybrides – Babel, la Géométrie des Enigmes, l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – Editions Fragments International – 2010
  • Les Effacées, conversation avec un critique d’art – Préface du catalogue du sculpteur Pascal Bazilé, pour l’exposition « Fleurs de Fer », Galerie Claudio Botello, Turin, Italie, 2011
  • Toile de Fond, préface du catalogue de Corinne de Battista, 2013

 

Elisabeth Préault – Texte sur « Les Hybrides » de Jean-Claude Meynard – Extrait du Livre La Géométrie des Enigmes –

Métamorphoses et Hybridations dans l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – 2010

  À travers une œuvre qui va de l’hyperréalisme au fractal, Jean Claude Meynard a décliné deux thèmes majeurs : l’identité et le double.
Dès les années 70, avec les séries, Shizophrénie, le Jeu, Corps et Ames, jusqu’à la Matrice de Babel en 2009 où la silhouette humaine se fractalise et se démultiplie, il n’a cessé d’interroger ce « Je » qui est un « Autre ».
 Un « Autre Mythique » qu’il explore aujourd’hui avec la figure de Babel – tour de pierres qu’il a transformée avec le fractal, sa géométrie d’exécution, en une architecture d’hommes, réalisant ainsi sa première forme hybride.C’est sous ce signe de Babel qu’il a justement placé tous ses hybrides pour en signifier l’aspect transgressif. Elever une tour jusqu’au ciel est un défi aux lois humaines ; les hybrides de Meynard sont un défi aux fiches signalitiques de l’œuvre d’art : une date, un titre, une définition, un genre, une influence, une histoire. Meynard bouscule cet appareillage de la connaissance.Déjà il bouscule le temps. En rapprochant ses œuvres d’époques souvent très éloignées, en bannissant les genres, en recomposant l’hyperréalisme avec le fractal, il crée une brisure chronologique. Le temps cesse d’être linéaire, il devient spirale, zigzag, télescopage. Un temps inédit. Inventé. La Barque - peinture acrylique sur toile - 1975 / Ondes - Estampe sous plexiglas - 2004La Barque – peinture acrylique sur toile – 1975 / Ondes – Estampe sous plexiglas – 2004Comme l’espace. En hybridant ses œuvres, Meynard opère un changement d’optique et d’échelle, et l’œuvre nouvelle qu’il met à jour s’organise à l’intérieur d’un cadre absolument imaginaire.
Le parcours de Meynard, qui a porté sur le réel et la figuration de l’homme, a toujours été celui d’un chercheur de formes. Aujourd’hui, avec ses Hybrides, il explore la forme même de son œuvre. Par la combinatoire qu’il a mise au point, il greffe, associe, reformule, recompose ses propres toiles, comme si, en elles-mêmes, elles n’avaient pas tout montré, qu’elles contenaient d’autres possibles, d’autres figures, d’autres sens, d’autres toiles.
En cela, ce travail d’expérimentation qu’il réalise avec ses œuvres est aussi un mode de connaissance. Une toile qu’on penserait depuis longtemps connue, c’est à dire apprivoisée par le regard, une fois hybridée peut se révéler sauvage, méconnaissable.

Image 4

Ainsi quand Meynard réalise : « Icône I », hybride de l’Escalier de 1975, avec les Icares de 1995, et un Moucharabieh de 2005, il libère, enrichit, ou renouvelle les œuvres qui composent cet hybride.Dans une première approche, c’est le motif de la spirale, commun à ces trois œuvres, qui permet leur hybridation. Puis le travail de recréation donne à voir plus et autrement. L’escalier avec son mort énigmatique va au-delà de son référent visuel – cinématographique.En l’hybridant avec les Icares, Meynard dévoile sa dimension métaphysique, celle de la chute de l’homme. Quant aux Icares qui, par leur envol héroïque, défient la loi humaine, l’Escalier prosaïque leur apporte la dimension profane, la banale condition de l’homme, la chute sans grandeur.

Le Moucharabieh, lui, par son caractère intemporel, spiralé, presque byzantin, greffe les deux toiles d’une marque icônique. Ainsi Meynard, en hybridant ses trois œuvres, en les réinventant, réalise un grand icône sur la condition humaine : un panorama existentiel.

Meynard a toujours travaillé sur la forme – entre hyper réalité et géométrie fractale – il a tracé les figures du réel et de l’homme, et montré qu’une forme était toujours en devenir, en transformation et renouvellement. C’est pourquoi ses hybridations sont possibles, et fulgurantes, parce déjà en germes dans son parcours.

En faisant naître ses hybrides, en faisant de son art, de ses propres toiles, sa matière première et son terrain d’expérimentation, Meynard ouvre un champ de création à la combinatoire illimitée, et au delà, dans ce rapport particulier, dans ce duo qu’il a établi avec son œuvre, il crée un jeu de miroir – peintre et œuvre, qui regarde l’autre ?

ELISABETH PRÉAULT – juin 2010

Throughout works ranging from hyper-realism to fractal depiction, Jean-Claude Meynard has been a vehicle for two major themes: identity and the doppelgänger. From the 70’s, with the Schizophrenia, Games, Body and Soul series, all the way to the Matrix of Babel in 2009, where the human silhouette is fractured and multiplied, he has ceaselessly pondered this “I” which is an “Other”.

Here’s a “Mythical Other” which he is exploring today with the figure of Babel – a stone tower that he has transformed through his use of fractal geometry, turned into an architecture of Man, producing his first hybrid form.

It is precisely under the sign of Babel that he has put all of his hybrids to convey a transgressive feeling. Raising a tower into the sky defies human laws; Meynard’s hybrids are a defiance of the fact sheets of art works: a date, a title, a definition, a genre, an influence or a history. Meynard upsets this knowledge format. For a start, he upsets time. By juxtaposing his works from often very distant periods, by banning genres and by recomposing hyper-realism with fractal geometry, he creates a time warp. Time is no longer linear, it spirals, zigzags and telescopes. A new time. Invented. Like for space. By hybridizing his works, Meynard forces a change of optics and scale, and the new work that he updates is organized within an absolutely imaginary setting.

Meynard’s trajectory, geared towards reality and the human figure, has always been that of a seeker of shapes. Today, with his Hybrids, he is exploring the very shape of his work. By the combinations he’s perfected, he transplants, associates, reformulates and recomposes his own paintings, as if, by themselves, they had not yet revealed that they contained other possibilities, other figures, other meanings and other paintings.

Thus, this experimental task he’s doing with his works is also a gateway to knowledge. A painting that we thought was long ago understood – or tamed by the gaze – as soon as it’s hybridized – can reveal itself as wild and unrecognizable. So when Meynard paints “Icône 1”, a hybrid of “The Stairs” (1975) with “Icari” (1995) and Mashrabiya (2005), he liberates, enriches or renews the works making up this hybrid.

In a first approach, there’s the spiral motif, common to these three works, which enables their hybridization. Then the task of re-creation appears increasingly and diversely. “The stairs” with its enigmatic cadaver goes beyond its cinematographic visual reference.By hybridizing it with the Icari, Meynard reveals its metaphysical dimension, that of the Fall of Man. As for the Icari, who, via their heroic flight, defy human law, the stark Stairs provides them with an earthly dimension, the mundane human condition, the inglorious Fall. The Mashrabiya, through its timeless, spiralling and quasi-Byzantine character, implant an iconing imprint to the other two paintings. Thus Meynard, by hybridizing his three works and by reinventing them, produces one large icon for the human condition: an existential panorama.

Meynard has always worked on forms – whether they be in hyper-reality or fractal geometry – he traces figures from reality and from mankind, and shows that a shape has always been in progress, in transformation and renewal. That is why his hybridizations are do-able and striking, since they are already in germination in his artwork trajectory.

By giving birth to his hybrids, by using his art, his own paintings as his raw materials and his field laboratory, Meynard opens the creative path to unlimited combinations and beyond. In this special relationship, this duo he plays with his own works, he is creating mirrored interplay – painting and works, who is staring at whom?

Elisabeth Préault / 
Translated by Richard Prevett

  • Bibliographie Elisabeth Préault
  • Julius Terman – Roman – Edition Balland – 1992
  • Les Visages Pâles – Roman – Editions Gallimard – 1997
  • Les Hybrides – Babel, la Géométrie des Enigmes, l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – Editions Fragments International – 2010
  • Les Effacées, conversation avec un critique d’art – Préface du catalogue du sculpteur Pascal Bazilé, pour l’exposition « Fleurs de Fer », Galerie Claudio Botello, Turin, Italie, 2011
  • Toile de Fond, préface du catalogue de Corinne de Battista, 2013