Elisabeth Préault – Préface catalogue de Pascal Bazilé –  » Les Effacés » – 2011

Préface du catalogue de Pascal Bazilé par Elisabeth Préault – Exposition  » Fleurs de Fer » à Turin, Italie, Galerie Claudio Botello – 2011  expositionturin2011_page_22

« LES EFFACÉES »

Conversation avec un critique d’art

– Ça commence par un paysage de campagne… la Beauce, une terre sans limites, en hiver, des champs lourds, noirs… j’avais 6 ans et c’était toujours en novembre, sous la pluie de novembre, le dimanche en famille nous allions au cimetière du village pour visiter nos morts… Visiter nos morts, l’expression me dérangeait parce que moi, à 6 ans, j’avais pas de morts.

– Et vous en auriez voulu ?

– Bien sûr j’en aurais voulu ! Des morts rien qu’à moi, des morts dont je me serais souvenus, dont j’aurais raconté l’histoire, et sur lesquels j’aurais pleuré… dans ce petit cimetière de campagne, la déambulation familiale entre silence et chuchotements, parents, oncles, tantes… regardez, ils arrivent, ils passent, ils savent où ils vont, ils reconnaissent les gens à leur tombe…

– Vous ne les suivez pas ?

– Non, moi j’ai mes tombes personnelles, celles de la partie Nord, venez, c’est à une centaine de mètres, sur la gauche, attention, la pluie, le chemin est boueux, nous y sommes, arrêtez-vous devant cette tombe et  lisez le nom gravé dans la pierre.

– C’est difficile… il est recouvert par les mousses…

– Faites un effort, lisez entre les mousses.

– C’est pas si simple.

– Je l’ai bien fait, moi !

– Eh ! Vous aviez six ans !

– J’avais d’autant plus de mérite, je savais à peine lire.

– Bon, je me penche, ça glisse à cause de la pluie, mais je vois, enfin je devine… Ma…rie… Rivière…

– Vous devinez très bien, maintenant sur votre droite, une autre tombe, lisez.

– Ros, Rose… la suite est trop dégradée.

– C’est un nom composé, comme une musique, penchez-vous davantage.

– Rose… Marie, Rose-Marie Chagrin… une musique triste, tiens, là-bas, votre famille est partie, vous avez remarqué…

– Tant mieux, on sera plus tranquilles, on va descendre les marches…

– Dois-je vous rappeler que je suis critique d’art et non visiteur de cimetière !

– Un critique d’art est toujours un peu un visiteur de cimetière…

– Oh ! Ca va, les aphorismes !

– Stop ! vous avez dépassé la tombe d’Amélie Regret, regardez, juste derrière vous.

Amélie Regret… ah, la pluie s’est arrêtée, mais là, j’ai beau me pencher, le nom est effacé…

– Le nom mais pas les dates, 1895-1915, la très courte vie d’Amélie Regret, un fiancé mort à la guerre, l’étang n’était pas loin, ses jupes ont fait un bruit de froufrou quand elle s’est laissée glisser.

– Qui vous a raconté ça?

– Le village… les villages savent tout… regardez, l’autre tombe à côté, le nom est effacé lui aussi et il n’y a aucune date, on sait seulement que c’était une femme, elle n’a pas choisi l’étang mais la bassine d’eau, la tête la première et le temps qu’il faut, comme personne ne connaissait son nom, on l’a appelée « Dimanche » parce que sa mort était un dimanche.

– On se suicide beaucoup dans votre cimetière…

– On se suicide uniquement dans la partie Nord, à l’écart de ceux qui sont morts convenablement. Cette partie du cimetière s’appelle « Les Effacées »

– A cause des noms qui…

– Oui, à cause des noms.

– Alors, à 6 ans, ce n’était pas la peine de savoir lire.

– Non, pas la peine.

– C’est pour cette raison que vous alliez dans la partie Nord ?

– Au début, oui… mais peu à peu l’endroit m’est devenu familier, comme si j’avais enfin trouvé mes morts, ou plutôt, mes mortes, une famille secrète, une famille peu folle…

– Pas d’hommes ?

– Non, à six ans, l’homme c’était moi, moi qui veillait sur elles.

– Et ça a duré longtemps ces veilles?

– J’ai eu 7 ans, puis 8, puis 9, je venais après la classe en cachette de mes parents, et les grandes vacances, qui m’éloignaient d’elles, me semblaient interminables, j’avais peur, j’avais la hantise de la fosse commune, je m’imaginais de retour au cimetière lisant un avis placardé sur la grille :« Par décision préfectorale, les effacées ont été transférées dans la fosse commune ». Plus de corps, plus de traces, plus d’histoires, Marie Rivière, Amélie Regret, et les autres, toutes disparues définitivement, alors, devant cette image insupportable, vous savez ce que j’ai fait?

– Comment le saurais-je ?

– Réfléchissez ! C’est un acte simple qui ne devrait pas échapper à un critique d’art.

– Et bien ça m’échappe !

– J’ai acheté un carnet à dessins.

– Pardonnez-moi, ça n’aurait pas du m’échapper… vous avez laissé faire votre imaginaire et dessiné vos effacées.

– Non, à 9 ans, dessiner des corps de femmes, c’était trop difficile, alors j’ai dessiné l’eau, l’eau qui les avait recueillies, bercées, emportées, dessiner les remous, le miroitement, et quand la Grande Moire s’est jetée du pont…

– La Grande Moire?

– Oui, la Grande Moire, quelqu’un l’a vue, il a vu son corps de plongeuse, immense, droit, fuselé, transpercer l’eau…et plus rien… j’ai dessiné  » Le Plus Rien », cette eau plate, l’eau de sa mort… la Grande Moire, elle est là, sur votre droite.

– Il n’y a pas de pierre tombale ?

– Non, comme pour la Petite Veuve, juste à côté, 13 ans, veuve de personne, ou plutôt veuve d’elle-même, on n’a jamais retrouvé son corps, on a parlé d’un marécage… il m’a fallu vingt ans pour oser la sortir de sa boue, de sa glaise, et la sculpter… pendant vingt ans, j’ai sculpté autre chose, je ne voulais pas sculpter ces femmes-là, à la va-vite, histoire de les sortir de ma tête et qu’on en parle plus. Alors, j’ai attendu… et puis un jour, il y a eu un tracé, une ligne, une simple ligne avec quelques marches de douleur, comme des hoquets d’enfants : c’était la Petite Veuve, elle sortait de sa nuit, elle était devant moi, calme, reposée, ma première gisante… puis il y eut la Dame Blanche et la Mère Supérieure, elles sont arrivées au même moment, dans la même torsion d’acier qui m’a pris deux longs mois. Etrangement leur corps avait une pose identique, la Mère était simplement supérieure à la Dame – plus accoudée, plus dressée…

– Et leur histoire ?

– Le village l’ignore. On dit qu’on les a découvertes dans une chambre d’auberge, endormies côte à côte, mais on dit aussi qu’elles ne dormaient pas, qu’elles attendaient, qu’elles guettaient… c’est leur attente obstinée que j’ai sculptée.

– Et si ces femmes n’attendaient rien, ne guettaient rien, si finalement tout ce que racontait votre village était faux ?

– Quelle importance puisque désormais tout est vrai… la Dame Blanche et la Mère Supérieure reposent dans mon atelier, sur leur stèle, comme la Grande Moire, Amélie Regret, et toutes les autres……

– Vous en avez sculptées combien?

– Neuf.

– Neuf ? mais j’en ai compté huit.

– Vous avez mal compté, la pluie recommence à tomber… 

– Non, non, j’ai bien compté huit… il en manque une.

– Il faut y aller, le cimetière va fermer…

– Où est la neuvième ?

– Nulle part.

– Comment ça… nulle part ?

– La neuvième n’est pas morte.

– Mais pourtant, vous l’avez sculptée !

– Oui, je lui ai même donné un nom, Blanche, Blanche comme une page vierge.

– Un nouveau carnet de dessin ?

– Si vous continuez à me poser des questions, on va finir noyés… 

– Eh bien, comme ça, on restera dans l’ambiance ! Bon,  je vous suis, c’est vrai qu’il pleut des trombes… Mais quand même, Blanche, dîtes-moi, s’il vous plait, c’est qui, Blanche ?

– Blanche, c’est moi.

Préface du catalogue de Pascal Bazilé – pour l’exposition  » Fleurs de Fer  » à Turin ( Italie) Galerie Claudio Botello – 2011.

  • Bibliographie Elisabeth Préault
  • Julius Terman – Roman – Edition Balland – 1992
  • Les Visages Pâles – Roman – Editions Gallimard – 1997
  • Les Hybrides – Babel, la Géométrie des Enigmes, l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – Editions Fragments International – 2010
  • Les Effacées, conversation avec un critique d’art – Préface du catalogue du sculpteur Pascal Bazilé, pour l’exposition « Fleurs de Fer », Galerie Claudio Botello, Turin, Italie, 2011
  • Toile de Fond, préface du catalogue de Corinne de Battista, 2013

 

Corinne de Battista par Elisabeth Préault – Préface catalogue 2013 –  » Toile de Fond ».

TOILE DE FOND 

Par définition tout créateur est hanté, puisque toute création est comme la mise à jour d’une image obsédante, un dévoilement de fantôme.

Corinne de Battista n’échappe pas à cette règle, mieux, elle en joue : les fantômes occupent son territoire. Des fantômes dont elle ignore tout et qu’elle fréquente pourtant, avec lesquels elle vit, elle dort, elle s’entretient, fantômes qu’elle recherche inlassablement dans toutes les mémoires, la sienne et celle des autres… photos ! divins pièges à fantômes, les réapparus du passé… C’est dans le domaine publique,  brocantes, marché aux puces, ou collections d’amateurs, que Corinne de Battista débusque sa matière première… photographies de fin de siècle, le XIXème, clichés de studio, photos de classe, portraits de famille avec dames, avec messieurs, avec enfants. Elle dit : « Les enfants surtout sont impressionnants dans leurs habits du dimanche, un peu guindés, ils ne sourient pas et ils posent gravement… pour qui ?»

" Le Petit Modèle" Corinne de Battista
 » Le Petit Modèle » Corinne de Battista

Anonymat. Anonymat des gens sur les photos, anonymat des photographes, seule l’époque est décelable – par ses accessoires, ses costumes, ses jeux –  c’est l’époque des enfants immobiles. Normal, en habits du dimanche, il n’est pas question de courir, ni de froisser sa robe, il est même question d’arrêter le temps pour être là, tout beau, là où il faut être, exactement, sur la photo.

Cette posture, cette pose arrêtée de l’enfance fascine en premier. Notre époque, à travers ses représentations, saisit les corps dans leurs mouvements, leur aisance, leur liberté… l’immobilité, a contrario, signe la mort. Entre les deux, se tient le fantôme.

C’est bien cela que Corinne de Battista a vu, reconnu, ce fantôme-là, un peu guindé, qui ne sourit pas et qui pose gravement – pour elle. Quand on écrit on a toujours un fantôme assis à côté de soi, disait Julien Gracq, et pour reprendre la totalité de son texte en l’adaptant à la création picturale:

 » La toile ne vit que par le genre de liberté que lui donne l’espace et la couleur, utilisés selon leurs vraies pouvoirs, mais elle n’est tirée du néant que par la contrainte qu’impose de bout en bout au peintre une image exigeante, une obsession non entièrement picturale dans sa nature. « Adorable fantôme qui m’as séduit, lève ton voile ! » supplie le peintre – mais l’invisible apparition lui met en mains le pinceau.

Pas si simple.

Il faut d’abord que Corinne de Battista négocie – avec l’émotion. Il faut que les photos, les personnages la touchent au cœur, mais un cœur de peintre qui ressent, au-delà de la chose vue, la possibilité d’une œuvre ; au-delà des archives de la vie, l’autre vie possible, celle de la peinture, de l’espace temps recomposé. Elle dit que la sélection est rapide, que certains éléments sont déterminants, les regards, les postures, les tenues… ainsi le futur modèle apparaît, se dessine, et, droit dans les yeux, semble dire au peintre : « Regarde, c’est moi ! ». Plus qu’une sélection, c’est une reconnaissance mutuelle.

C’est après que le travail commence.

Dans un premier temps un travail d’épure, une manière de chirurgie, avec ordinateur, scanner, logiciel et filtre informatique, pour extraire de la photographie, de l’histoire, du temps embrouillé, son centre de gravité, de fixité, son schéma sensible, l’adorable fantôme qui attend, du peintre, sa mise à jour, sa mise en vie, et là il faudra que chacun tienne sa promesse : le fantôme d’apparaître et le peintre de peindre…

Ainsi De Battista travaille-t-elle – à deux, elle et son fantôme. En cela elle s’apparente à tous les créateurs, sauf que pour elle, le fantôme est à la fois sujet et objet de sa peinture, une peinture qui, au-delà, construit un visuel de l’apparition.

"La Mascarade" - Corinne de Battista
« La Mascarade » – Corinne de Battista

Une construction très élaborée, méthodique, qui passe par l’étude du personnage, le tracé de ses contours sur la toile comme autant de limites et découpes du territoire à peindre, puis, de la valeur la plus foncée à la plus claire : la mise en lumière. Corinne de Battista dit que cette phase préparatoire est lente et laborieuse, mais qu’il y a dans ce « labeur », un délassement, une sensation de temps bienveillant, nécessaire avant d’affronter le corps même de son sujet, le corps du fantôme.

Mais, au fait, ça apparaît comment un fantôme?

"Petite fille aux oiseaux" - Corinne de Battista
« Petite fille aux oiseaux » – Corinne de Battista

Douloureusement, répond-t-elle. Parce que, désormais, elle va travailler le « personnage » et « le fond sur lequel il va apparaître » en même temps, dans une recherche d’équilibre entre apparition et disparition, naissance et mort… « Dans ces moments-là, je suis comme sur une brèche et, de chaque côté, se tient le ravin » confie-t-elle. Son travail sur les masses, la densité des fonds, les montées chromatiques, les recouvrements successifs, tout son art de « la fixité » va alors s’employer à lutter contre le vertige pour mettre en place, en peinture, en vie, l’apparition…

« Vous l’avez-vu ? » ainsi nomme-t-elle l’une de ses toiles représentant une petite fille qui, assise sur une chaise, désigne du doigt le lapin qui passe au-dessus de sa tête.

"Vous l'avez-vu ?"
« Vous l’avez-vu ? » – Corinne de Battista

Oui, on l’a vu, on a même vu le fantôme qui voit le fantôme, et pourtant, par essence, les fantômes sont incertains, inconstants, là et déjà évanouis, vrais et pourtant illusoires, mais De Battista, justement, peint cette hésitation de leur être, leur flottement, entre mémoire et oubli, et, tandis qu’elle montre à la fois leur présence et leur dissolution, elle révèle leur géométrie :  la fixité et le flou.

"Soeur et Frère" - Corinne de Battista
« Soeur et Frère » – Corinne de Battista

Dans l’une de ses dernières toiles, «  Soeur et Frère », le flou s’insinue sur la gauche, sur le personnage du petit garçon qui commence à s’effacer, on dirait que la toile se dilue, une dilution d’aquarelle, tandis qu’apparaît au premier plan une figure géométrique, une sorte de cube déplié dont la présence semble incongrue ; c’est là une toile exemplaire, presque conceptuelle, qui montre sur un même plan, le flou et, à côté, une forme détachée, purement géométrique, intellectuelle, une forme d’idée. Car, à défaut d’exister, les fantômes naissent quand même de « quelque part », d’une toile de fond émotionnelle, mais aussi, comme la peinture, comme l’art, ils naissent d’une idée – de mort et d’immortalité – ils sont « cosa mentale »

Corinne de Battista, dans son parcours de peintre, achemine ses personnages vers « cette mise à distance », elle installe leur géométrie, leur langage pictural, leur identité d’énigme que sa peinture explore.

Certes, on peut toujours dire de ses personnages qu’ils sont des doubles, des sosies, des miroirs, des rêves, des bouffées de mémoires, on peut décliner tout le glossaire de la psychanalyse, sauf que Corinne de Battista est avant tout un peintre et qu’il n’existe aucun fantôme – revenu du froid mortel – sans créativité brûlante.

Elisabeth Préault – préface du Catalogue d »exposition de Corinne de Battista / Sept 2013

Site de Corinne de Battista

Exposition personnelle Galerie ESPE Confluence(s), Lyon

Lieu : Galerie ESPE Confluence(s)
5 rue Anselme
69004, Lyon
Tél : 0472073074
http://iufm.univ-lyon1.fr/confluences/exposition-a-suivre

  • Bibliographie Elisabeth Préault
  • Julius Terman – Roman – Edition Balland – 1992
  • Les Visages Pâles – Roman – Editions Gallimard – 1997
  •  » Les Hybrides  » – Babel, la Géométrie des Enigmes, l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – Editions Fragments Internationales – 2010
  •  » Les Effacées » – Préface du catalogue du sculpteur Pascal Bazilé, pour l’exposition « Fleurs de Fer », Galerie Claudio Botello, Turin, Italie, 2011 

Flipper de Jean-Claude Meynard – Histoire d’un tableau

Le Flipper - Tableau hyperréaliste de Meynard - 1974  - Collection privée

Flipper – Tableau hyperréaliste de Meynard – peinture sur toile – 1974 – Collection privée

Flipper de Meynard – la période hyperréaliste

Au tout début de son parcours d’artiste peintre, dans les années 1970, Meynard aborde déjà  la complexité du réel mais par sa figuration la plus exhaustive : l’hyperréalisme

Cependant, ses toiles de l’époque qui représentent des mythologies urbaines, scènes de rue, bar, flipper, moto, ne sont pas des constats «photographiques» mais un travail pictural consistant à représenter le réel avec une surabondance d’éléments visuels telle que notre perception s’en trouve à la fois comblée et surprise.

Comme l’écrira Gilles Plazy, « (…) Chez Meynard, toute image, même la plus apparemment réaliste, est un fantasme. C’est dans la ligne du pop-art que Meynard a d’abord montré sa virtuosité de dessinateur. Il fallait le voir peindre une moto, les innombrables bouteilles derrière le comptoir du bistrot, ou en quatre tableaux reconstituer le paysage d’une rue de la Butte Montmartre en une vue panoramique.. La précision dite photographique en peinture nous trouble et jadis déjà le trompe l’oeil créait un fascinant malaise. Peut-être est-ce qu’il y a quelque chose de maniaque dans l’extrême précision, une façon de remplir le tableau de détails pour que s’y perde le regard, et sans doute aussi un désir un peu fou de ne rien laisser échapper d’une réalité qu’on ne peut  pourtant représenter que dans la mesure où on s’en retire. »

En fait Meynard ne reproduit pas le réel, il organise et orchestre « un effet de réalité ». Dans ses toiles, la composition est dépourvue de hiérarchie et de centre focal. Les détails les plus infimes sont figurés au même niveau de réalité et le près et le loin ont la même focale. Le regard du spectateur peut alors saisir au même instant, l’ensemble et le détail, le macro et le micro, le premier et le dernier plan : une vision plus vraie que nature, une vision fausse. Et c’est à travers cette vision-là, ce prisme du « faux vrai » que  Meynard nous dévoile la société des années 70 – la société de consommation, toute en images et spectacles – où l’homme devient image lui aussi, ni plus vivant, ni plus réel que toutes les autres pièces du puzzle avec lesquelles il partage le même degré d’existence pu d’inexistence.

Toutes les toiles hyperréalistes de Meynard renvoient ainsi l’homme à sa surface.

 Brasserie - Toile hyperréaliste de Meynard - 1974

Brasserie – Meynard – 1974 –  » Avec l’hyperréalisme de Meynard,  l’homme devient image, aussi rutilant que son comptoir… ni plus vivant, ni plus réel qu’un objet. » – Collection privée. U.S.A.

Basket - Toile Hyperréaliste de Meynard - 1975

Basket – Jean Claude Meynard – 1975 – collection privée U.S.A

La Motocyclette de Meynard  - Peinture hyperréaliste sur toile 89x130cm

La Motocyclette de Meynard – Peinture hyperréaliste sur toile 89x130cm – 1973 – Collection privée.

La Motocyclette de Meynard  - Lithographie intitulée " Mars"

La Motocyclette de Meynard – Lithographie intitulée  » Mars »  – 1975

"Hyper Street" de Meynard - 1974/1975  - Tabeau hyperréaliste de 7 mètres de longueur - en quadryptique.

« Hyper Street » de Meynard – 1974/1975 – Tabeau hyperréaliste de 7 mètres de longueur – en quadryptique. Collection privée.

"Hyper Street" de Meynard - 1974/1975  - Tabeau hyperréaliste de 7 mètres de longueur - en quadryptique.

« Hyper Street » de Meynard – 1974/1975

"Hyper Street" de Meynard - 1974/1975  - Tabeau hyperréaliste de 7 mètres de longueur - en quadryptique.

« Hyper Street » de Meynard –

Hyper Street - Meynard - Partie droite du quadryptique

Hyper Street – Meynard – Partie droite du quadryptique – 1

Hyper Street  - 2

Hyper Street – 2

Hyper Street 3

Hyper Street – 3

Hyper Street 4

Hyper Street 4

 Lamborghini - Tableau hyperréaliste de Meynard - peinture sur toile - Collection privée

« Lamborghini » – Jean Claude Meynard – peinture sur toile – 1976 – Collection privée Tunisie.

" Métropolitain"  - Meynard - Tableau hyperréaliste  - peinture sur toile

 » Métropolitain » – Jean Claude Meynard – Peinture sur toile – 1974

Meynard – 1974 – 2000 – De l’hyperréalisme au Fractal – Mise en échos  

Depuis 35 ans, Meynard, qui explore la complexité du réel, a créé des univers picturaux de factures très différentes pourtant, lorsque l’on rapproche ses univers d’époques éloignées, des Echos se font jour comme autant de répliques d’un séisme primitif que l’on imagine fondateur de l’acte de peindre.

Ce processus a été mis en évidence lors de l’exposition « Babel, la Géométrie des Enigmes », au Centre d’Art – Villa Tamaris (Var, France) en 2010.

Par la volonté du directeur du Villa, Robert Bonaccorsi, l’exposition, regroupant 35 années de création, avait été organisée en mêlant les grands cycles de Meynard dont : l’Hyperréalisme et la Dimension Fractale de l’Homme… donnant ainsi à voir l’extrême cohérence de l’œuvre.

« Meynard a toujours travaillé sur la forme, de l’hyper réalité à la géométrie fractale, il a tracé les figures de la complexité et de l’homme, et montrer qu’une forme était toujours en devenir, en transformation et renouvellement, c’est pourquoi ses re-créations de la Villa Tamaris ont été possibles et fulgurantes parce déjà en germes dans son parcours. » Extrait du livre «  Babel, la Géomérie des Enigmes »

Jean-Claude Meynard - " Hyper-Street "(Peinture sur toile de 7 mètres de longueur ) 1974  sur une "Rue fractale" 2010 (Sérigraphie numérique sur p.v.c) Cette installation a été présentée au Centre d'Art Villa Tamaris en 2010

Meynard –  » Hyper-Street « 1974, la toile « Hyperstreet  » est positionnée sur la  « Rue fractale » de Meynard réalisée en 2010 (Sérigraphie numérique sur p.v.c)
Cette installation a été présentée au Centre d’Art Villa Tamaris en 2010.

Jean-Claude Meynard - "Echo" 2005 (Architecture fractale) - Brasserie" 1975 (Acrylique sur toile)

Jean-Claude Meynard – « Echo » 2005 (Architecture fractale) – Brasserie » 1975 (Acrylique sur toile)

Meynard - "Maison Fractale" 2004 (Architecture numérique) - " Le Métropolitain" 1974 (Acrylique sur toile)

Meynard – « Maison Fractale » 2004 (Architecture numérique) –  » Le Métropolitain » 1974 (Acrylique sur toile)

Notice Biographique.

En 1981, Meynard reprendra la figuration du Flipper dans sa série  » Shizophrénie « … où il travaillera sur le thème du double -Exposition N.Y.

Exposition Jean-Claude Meynard à N.Y. 1981

Affiche de l’exposition Jean-Claude Meynard à Zoma Gallery N.Y.  Février/ Mars 1981

Jean-Claude Meynard et Joël Stein… géométries en duo.

Jean-Claude Meynard et Joël Stein vus par Philippe Vermes

Jean-Claude Meynard et Joël Stein – Deux géométries exposées en 2001  à la galerie Lavignes Bastille. Photo Philippe Vermes.

 Article H.F.Debailleux sur Jean-Claude Meynard et Joël Stein

L’INFINI MIS EN ABÎME

4 avril 2001 à 00:23

Par DEBAILLEUX HENRI-FRANÇOIS

L’infini, c’est un peu comme Rome: plusieurs chemins peuvent y mener. Et au moins deux, comme le met très bien en perspective cette exposition qui confronte les démarches de Joël Stein (né en 1926) et de Jean-Claude Meynard (né en 1951).

Au rez-de-chaussée de la galerie, une sélection d’oeuvres datées de 1960 à 1981 rappelle le parcours de Joël Stein, qui fut l’un des fondateurs (aux côtés de François Morellet notamment) du Grav (Groupe de recherche d’art visuel, créé en 1960, à Paris, et dissous en 1968). Elles s’amusent d’Accélération optique (titre d’une pièce), de compositions avec des trames, des labyrinthes, des trièdres… pour mettre en place des jeux visuels et des perspectives infinies.

Au premier étage, les oeuvres de Jean-Claude Meynard introduisent, elles, à une autre géométrie, non euclidienne celle-là, puisqu’il s’agit de la géométrie fractale. Celle avec laquelle Meynard (pilier du Mouvement fractal, créé en 1994) travaille depuis plus de dix ans, comme le rappelle en introduction la toile Cristaux (de 1991), suivie de quelques autres de différentes séries et surtout les toutes récentes. On y retrouve le travail sur la complexité, la mise en abîme, l’autosimilarité, les jeux d’échelle, le réseau qui anime la recherche de l’artiste, mais encore plus poussé qu’auparavant. Réalisées en impression numérique sous Plexiglas et en relief, elles saturent l’espace d’excès visuels (de signes, de lignes, de formes) et d’arborescences, pour évoquer l’effet papillon, qui, de fil en aiguille et de la chrysalide à la lumière, se cristallise lui-même en papillon et ainsi de suite. Spirales sans fin pour ouvrir de nouvelles perspectives et de nouveaux infinis, des plus petits aux plus grands et vice versa.

Galerie Lavignes-Bastille. 27, rue de Charonne, 75011.

 Jean-Claude Meynard et Joël Stein - Joël Stein et Jean-Claude Meynard - Le Grav, le Fractal... deux géométries en duo - Photo de Philippe Vermes

Jean-Claude Meynard et Joël Stein, Joël Stein et Jean-Claude Meynard – Le Grav, le Fractal… deux géométries en duo exposées en 2001 à la galerie Lavignes-Bastille – Photo Philippe Vermes

            

 

Ca’Nigra Lagoon Resort et Jean-Claude Meynard

Ca'Nigra Lagoon Resort, Venise - Jean-Claude Meynard - Sculptures - " Les Transparences Fractales"  - Installation Biennale Venise 2007

Ca’Nigra Lagoon Resort, Venise – Jean-Claude Meynard – Sculptures –  » Les Transparences Fractales » – Installation Biennale Venise 2007

Ca'Nigra Lagoon Resort, Venise - Jean-Claude Meynard - Sculptures - " Les Transparences Fractales"  - Installation Biennale Venise 2007

Ca’Nigra Lagoon Resort, Venise – Jean-Claude Meynard – Sculptures –  » Les Transparences Fractales » – Installation Biennale Venise 2007

Ca'Nigra Lagoon Resort, Venise - Jean-Claude Meynard - Sculptures - " Les Transparences Fractales"  - Installation Biennale Venise 2007

Ca’Nigra Lagoon Resort, Venise – Jean-Claude Meynard – Sculptures –  » Les Transparences Fractales » – Installation Biennale Venise 2007

Ca'Nigra Lagoon Resort, Venise - Jean-Claude Meynard - Sculptures - " Les Transparences Fractales"  - Installation Biennale Venise 2007

Ca’Nigra Lagoon Resort, Venise – Jean-Claude Meynard – Sculptures –  » Les Transparences Fractales » – Installation Biennale Venise 2007

Présentées à Ca’Nigra Lagoon Resort pour la Biennale de Venise 2007, ces trois grandes lames de verre de hauteur croissante diffractent, comme des cristaux, un même motif répété infiniment.  Ce motif, atome majeur, est une silhouette humaine qui circule à l’intérieur et autour de cubes construits en effet d’optique.

Au cœur de cette trinité visuelle, l’homme est un jeu d’illusion, une géométrie virtuelle, un homme-cristal, instable, précaire, qui joue et déjoue la lumière du grand Canal de Venise.

MEYNARD VU PAR …

 Jean-Claude Meynard et Joël Stein vus par Philippe Vermes Vermes - Exposition Lavignes Bastille " Les Infinis " - Paris

André Campana et Jean-Claude Meynard  devant  le tableau " Le FLIPPER"    de Meynard à l'arrière plan - 2011

André Campana et Meynard devant le tableau  » Le FLIPPER » à l’arrière plan – « Le Flipper » appartient à l’époque hyperréaliste de Meynard – 1973 –

Meynard devant une toile de Jacques Poli - Exposition Jacques Poli à la Vllla Tamaris - 2012

Meynard devant une toile de Jacques Poli – Exposition Jacques Poli à la Vllla Tamaris – 2012

Meynard - Tournage du films sur la sculpture "World" - Novembre 2012 -

Meynard – Extrait tournage du films sur la sculpture « World » – Novembre 2012 –

Meynard - Tournage du film sur la sculpture "World" Novembre 2012

Meynard –  Extrait tournage du film sur la sculpture « World » Novembre 2012

Meynard - Extrait film sur la sculpture "World" -

Meynard – Extrait film sur la sculpture « World » –

Meynard - Interview - exposition " World Champagne" - Octobre 2011

Meynard – Interview – création de la sculpture  » World Champagne » –  Champagne Joël Michel – Brasles – Octobre 2011

 

Ahmet Ertug et Jean-Claude Meynard

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Art Fair Istanbul - Chez Riff Art Projects - Jean-Claude Meynard et Ahmet Ertug

Le  » Papillon Fractal » de Jean-Claude Meynard et la photo de Ahmet Ertug, « L’Opéra Garnier », chez Riff Art Projects – CI Contemporary Istanbul – Novembre 2012 –

CI Contemporary Istanbul – Novembre 2012 – sur le stand de la galerie Riff Art Projects ont été mis côte à côte  la photo de Ahmet Ertug sur  « l’Opéra Garnier  » et le « Papillon Fractal » de Jean-Claude Meynard.

Ligne de fuite et vision de la complexité, ces deux oeuvres ont semblé fonctionner en écho, depuis d’autres échos ont suivi…  

Ahmet Ertug - Photo Bibliothèque du Sénat - Paris

La photo de la Bibliothèque du Sénat à Paris par Ahmet Ertug – en écho avec le « Livre Ouvert » de Jean-Claude Meynard

"Le Livre Ouvert" de Jean-Claude Meynard (plexiglas et impression numérique)

« Le Livre Ouvert » de Jean-Claude Meynard (plexiglas et impression numérique) en écho à la photo de Ahmet Ertug, bibliothèque du Sénat à Paris.

"Bibliothèque du Trinité Collège à Dublin " - Photo Ahmet Ertug

La photo de la Bibliothèque du Trinité Collège à Dublin  » de Ahmet Ertug… en écho  avec le « Corpus » de Jean-Claude Meynard

"Corpus" de Jean-Claude Meynard en écho à la Bibliothèque du Trinité Collège de Dublin par Ahmet Ertug

« Corpus » de Jean-Claude Meynard en écho à la photo de la Bibliothèque du Trinité Collège de Dublin par Ahmet Ertug