D’ICARE A PEGASE – JC MEYNARD

Mis en avant

DE L’ORIGINE D’UNE MÉTAMORPHOSE

La série des ICARES –  1998 

1998 Icare 1-120x120cm Web

ICARE I de Jean-Claude Meynard – 1998 – 120 x 120 cm – Oeuvre en plexiglas construite en reliefs

Icare de Jean-Claude Meynard - 1998 - 120 x 120 cm - Oeuvre en plexiglas

ICARE II de Jean-Claude Meynard – 1998 – 120 x 120 cm – Oeuvre en plexiglas construite en reliefs

Icare 3 de Jean-Claude Meynard - 1998 - 120 x 120 cm - Oeuvre en plexiglas construite en reliefs

ICARE III de Jean-Claude Meynard – 1998 – 120 x 120 cm – Oeuvre en plexiglas construite en reliefs

Icare I de Jean-Claude Meynard - 1998 - 120 x 120 cm - Oeuvre en plexiglas construite en reliefs

ICARE IV  de Jean-Claude Meynard – 1998 – 120 x 120 cm – Oeuvre en plexiglas construite en reliefs

LES ICARES de Jean-Claude Meynard à l'Abbaye du Ronceray

MEMOIRE D’ICARE de Jean-Claude Meynard, installation  à l’Abbaye du Ronceray

MEMOIRE D’ICARE   –  INSTALLATION FRACTALE DE MEYNARD – ABBAYE DU RONCERAY, Angers, Maine et Loire, France – 1998.

En 1998, JC Meynard investit le chœur de l’Abbaye du Ronceray avec la série des « Icares » : 10 tableaux en relief réalisés en altuglas et métal de 120 cm x 120 cm.

Les corps démultipliés d’Icare sont suspendus en équilibre dans l’espace ; ces tableaux-sculptures sont pris dans un enroulement où la figure d’Icare, selon le principe fractal, se développe sans fin. Icare est à la fois celui qui s’élève et celui qui tombe, par essence, son mouvement est donc perpétuel. Meynard enroule son « Icare » dans une spirale où il peut se mouvoir, s’envoler, chuter, et s’envoler à nouveau. Dans une spirale, où est le haut ? Où est le bas ? Où est l’envol ? Où est la chute?

DE L’ORIGINE D’UNE MÉTAMORPHOSE

LE PEGASE –  2014

Pégase de Jean-Claude Meynard 2014 ( Série Bestiaire Fractal)

Pégase de Jean-Claude Meynard – 2014 –  120 x 160 cm –  Série Bestiaire Fractal

 » JE ME PROPOSE DE DIRE LES METAMORPHOSES DES FORMES  EN DES CORPS NOUVEAUX « 

Première phrase des  » Métamorphoses » d’Ovide* 

Jean-Claude Meynard a crée son PEGASE avec la démultiplication fractale d’une silhouette humaine aux quatre membres déployés, reprise métamorphosée de son ICARE des années 1998.

Son PEGASE, figure animale mythique, a donc été composé par un autre mythe :  L’ICARE. Cette abolition des territoires, ce glissement d’un mythe à un autre, oblige à une nouvelle imagination… La figure fractale crée par Meynard : mi Pegase mi Icare, mi animal mi homme, par sa double configuration renvoie à l’incertitude ontologique de toute identité, fut-elle mythique.

Il y a là une aire de jeu rêvée pour un plasticien que de pouvoir ainsi reprogrammer les mythes jusqu’à inventer une mythologie nouvelle.

Comme l’écrit, GianCarlo Pagliasso, critique d’art et professeur en esthètique de l’art, les animaux de Meynard renouvellent l’iconographie traditionnelle en rendant perceptible l’articulation entre le naturel et l’historique, le symbolique et le réel. C’est en cela que son travail est le plus remarquable : esquisser l’insertion de l’infini dans le fini plutôt que de présenter une forme définitive, fermée à tout interprétation. Parmi l’un des premiers en France à avoir saisi les potentialités de la démarche fractale pour la création artistique, il en a aussi exploré toutes les implications en en faisant un outil de recherche et de découverte. Il a pu ainsi interroger la complexité et le caractère chaotique des phénomènes physiques en vue d’une meilleure compréhension du monde.

* Traduction de Georges Lafaye

Le  » PEGASE »  de JC Meynard fait parti des « Métamorphoses, le Bestiaire Fractal ». Il a été exposé à de nombreuses reprises :

En France, Paris, Galerie Dumonteil – Juin 2015

En Chine, Hong Kong, Fine Art Asia –  Octobre 2015

En Italie, exposition muséale à Andora, au Palais Tagliaferro, Solo Show « L’animal Fractal que je Suis » – Octobre à Décembre 2015

En Chine, Shanghai, Galerie Dumonteil-Shanghai – Mars/ Avril 2016

En Chine, Hong Kong, Art central Hong Kong – 22 au  27 Mars 2016

Triple actualité de Jean-Claude Meynard a SHANGHAI – CHINE

Citation

Invitation Expos 3

變形記, 分形藝術之動物寓言
Métamorphoses
Bestiaire Fractal

Du 13 mars au 10 avril 2016
Exposition à Shanghai
Galerie Dumonteil, Shanghai, Huangpu, Fuxing Middle
Rd, 523弄15号思南公馆22栋 101室 邮政编码: 200025

Du 24 mars au 27 mars 2016
Exposition à Hong Kong
Art Central Hong Kong

Du 29 avril au 2 mai 2016
Exposition à Peking
Art Beijin


Extrait du catalogue Métamorphoses, Bestiaire Fractal 
édité par la Galerie Dumonteil 
 Oeuvres de JC Meynard et texte du catalogue

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal  –  » Le Bélier « 

 création numérique sous Diasec / diptyque 165 x 120 cm x 2 – 2015

Hibou Night and Day Dyptique Web

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal  –  » Le Hibou Night and Day « 

création numérique sous diasec / diptyque 160 x 96 cm x 2 – 2015

Nid d'Abeilles OK Final

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal   » Nid d’Abeille « 

 création numérique sous diasec,  150 x120  cm – 2015

La FŽline

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal   «  La Féline « 

 création numérique sous diasec, 77 x 110 cm – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal  –  » l’Arborescence du Cerf « 

 création numérique sous diasec, 108 x 135 cm – 2014

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 Métamorphoses – série Bestiaire Fractal   » Ourang Outang  « 

 création numérique sous diasec, 145 x 120 cm – 2016

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal – « La Roue du Paon »

création numérique sous diasec,  110 x 92  – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Le Nautilus « 

 création numérique sous diasec,   80 x 110 cm  – 2014

Hippo Spring 1

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Hippocampe « 

 création numérique sous diasec, 156 x 120 cm – 2016

Mémoire d'ŽEléphantl

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Mémoire d’Éléphant  » 

création numérique sous diasec, 77 x 110 cm – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Pegasus « 

création numérique sous diasec , 90 x 120 cm – 2014

MŽduse OK 1

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –   » Gorgones « 

 création numérique sous diasec, 94,5 x 129 cm – 2015

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Tortue YiJing « 

création numérique sous diasec, 120 x 96 cm – 2014

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Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Ouroboros « 

 création numérique sous diasec, 50 x 120 cm – 2014

Monarque Papillon fractal WEB

Métamorphoses – série Bestiaire Fractal –  » Le Monarque « 

création numérique sous diasec, 75 x 140 cm – 2014

Métamorphoses – Bestiaire Fractal

Texte du catalogue 
 

 L’œuvre de Jean-Claude Meynard, qui va de l’hyperréalisme à la géométrie fractale et à l’art numérique, est axée sur l’exploration de la complexité du réel et la place de l’homme au sein de cette complexité.

Depuis bientôt 40 ans, l’artiste a mis à jour des univers de la complexité à travers des créations picturales, sculpturales, scénographiques, et numériques, que la critique a pour habitude de classer en quatre grands cycles : Hyperréalisme (1974-76), Géométrie des Enigmes (1976-1980), Géographie des Corps (1980-1992) et Dimension Fractale de l’homme (1992 à nos jours)

C’est à partir de 1994, date à laquelle il cosigne le Manifeste « Fractaliste », que Jean-Claude Meynard rompt avec la perspective euclidienne pour des principes d’expansion, de saturation, et de réseaux à l’infini, repoussant ainsi les fondamentaux de la représentation classique du plan et de l’espace pour créer des images permettant d’appréhender le monde du XXIème siècle.

A partir de 2007, il travaille tout particulièrement sur une des icônes de la complexité : « Babel ». Concept qu’il a décliné sous des formes sculpturales emblématiques : la Tour, la Pyramide, les Monolithes de verre, la Sphère. Ces Babels ont été présentées en Chine, Turquie, Italie, et France. A ce jour, quatre Babels sont installées sur le pourtour Méditerranéen, la dernière née, la sculpture “World”, est installée en Chine.

Depuis cinq ans, l’oeuvre de JC Meynard s’est construite autour d’un concept tripartite qu’il a nommé « Métamorphoses, Hybrides et autres Mutations…». Une des premières réalisation visible de ce concept est “Le Papillon Fractal 2013 “, sculpture -métamorphose élaborée à partir d’une recomposition de la sculpture “ World ”.

Autour de ce concept, seront organisées en 2014 et 2015, à Paris, puis à Miami, une suite d’expositions présentant des oeuvres fractales toutes issues d’une même matrice de silhouettes humaines (Grand Palais Art Paris 2014, Scope Miami Beach Art Fair, U.S.A. 2014, The Art of Infinity, Gallery Mordoch, Paris, Miami, U.S.A 2015).

L’artiste va peu à peu élargir ce concept d’infinies métamorphoses à la figure animale et, en 2015, sur une proposition de Pierre Dumonteil, il va créer un Bestiaire Fractal qui sera le sujet de plusieurs expositions (Galerie Dumonteil, Paris, France – juin 2015, Musée Palazzo Tagliaferro, Andora, Italie – octobre 2015, Galerie Dumonteil, Hong Kong Fine Art Asia – octobre 2015, Mostra Arte, Palazzo Costanzi, Trieste, Italie – décembre 2015).

Dans le même temps, deux vidéos seront réalisées : « l’Animal Fractal que Je suis » et «  Infinies Métamorphoses ». “ Infinies Métamorphoses” sera présentée aux Musée des Arts et Métiers de Paris (octobre 2015). Ces deux vidéos, pour la première fois, traitent « visuellement » de l’œuvre de Meynard dans sa continuité en tant que métamorphose permanente.

Le Bestiaire Fractal est conçu à partir d’algorithmes de silhouettes humaines déjà présentes dans l’oeuvre de l’artiste, ce qui témoigne de la dynamique même de son parcours. Depuis les années 70, Jean-Claude Meynard compose et recompose à l’infini une œuvre qui s’auto-ressource et se métamorphose.

D’autre part, son Bestiaire, outre qu’il est une mise en oeuvre puissante du principe fractal, intègre le jeu même de la création.

Ordre, chaos, ordre… “Perturbations créatrices” dira l’artiste qui, sans cesse, va jouer de cet ordre et de ce chaos, pour que, du bouleversement, surgisse une image nouvelle, inconnue.

C’est ainsi, par une perturbation qui va rompre l’ordre initial, que la métamorphose va pouvoir se mettre en place et générer une représentation insoupconnée.

Les figures animales qui apparaissent ici, comme le Cerf ou les Gorgones, sont donc issues d’une désordonnance, presque d’une désobéissance, savamment organisée par l’artiste pour rompre l’ordre convenu du vivant, l’ordre appris, la grande séparation : homme, animal, et montrer la vie comme un algorithme sans fin ni limite, immense fractal composé de flux et arborescences d’où jaillit par instants une “ figure identifiable ” mais qui aussitôt s’échappe vers une autre métamorphose.

Dans ce Bestiaire, l’animal n’est pas plus tout à fait un animal, c’est un homme, mais ce n’est pas un homme, c’est un homme en devenir d’homme, ou un animal en devenir d’animal… le vivant n’est pas dans l’image fixe, il est dans le mouvement, la fluctuation… ainsi l’oeil tout rond du Hibou fait comme des ronds dans l’eau, comme la figure de l’Oiseleur épouse le vol palpitant des oiseaux…

Par la démultiplication infinie de la silhouette humaine à des échelles différentes qui compose la figure de l’animal, Meynard donne à voir le passage du vivant, d’un état à un autre état, l’aller-venir de l’homme à l’animal, dans les limites hésitantes du vivant.

A la frontière de l’homme et de l’animal, est-ce que la nature hésite ?

Ce Nid d’Abeille tout enveloppé d’une voilette humaine… cette Féline entièrement composée de la figure répétive d’un scribe… ce Paon qui se déploie en plumes d’hommes et qui miroite en vanité de Narcisse…cet Eléphant et ce Papillon Monarque partageant, pour qui sait regarder, la même architecture d’un visage d’homme démultiplié…et ce Nautilus, tel une origine du monde, tenant dans sa courbe de conque, des corps humains nus, à naitre… courbe de conque aussi que les cornes du Bélier, comme quoi les métamorphoses se déploient aussi d’un animal à l’autre, infinies métamorphoses…

Il y a là un mélange des territoires, une abolition des frontières, qui oblige à un nouveau regard, une nouvelle intelligence : où commence l’animal et où finit l’homme?

“ L’Animal fractal que je suis” * dira Meynard signifiant ainsi l’incertitude ontologique de toute identité, le glissement possible d’une forme à une autre forme, comme si le concept même de la métamorphose était désormais inscrit dans l’ADN du vivant : “ Je suis donc je change…” Aire de jeu rêvée pour un plasticien que de pouvoir ainsi recomposer le vivant, le reprogrammer jusqu’à inventer une mythologie nouvelle.

Comme l’écrit, GianCarlo Pagliasso, critique d’art et professeur en esthètique de l’art, les animaux de Meynard renouvellent l’iconographie traditionnelle en rendant perceptible l’articulation entre le naturel et l’historique, le symbolique et le réel. C’est en cela que son travail est le plus remarquable : esquisser l’insertion de l’infini dans le fini plutôt que de présenter une forme définitive, fermée à tout interprétation. Parmi l’un des premiers en France à avoir saisi les potentialités de la démarche fractale pour la création artistique, il en a aussi exploré toutes les implications en en faisant un outil de recherche et de découverte. Il a pu ainsi interroger la complexité et le caractère chaotique des phénomènes physiques en vue d’une meilleure compréhension du monde.

Le Bestiaire Fractal de Jean-Claude Meynard s’intègre dans cette perspective, réunissant à la fois les dimensions esthétiques et cognitives, il interroge l’identité et la légitimité de la place de l’homme dans le monde.

Il était naturel que Pierre Dumonteil, spécialiste passionné et exigeant de sculptures et représentations animalières, dont les galeries à Shanghai, Paris, et New-york, présentent les meilleurs artistes, s’intéresse à cette vision fractale de l’animal en ce qu’elle constitue une approche prémonitoire des bouleversements et métamorphoses du XXIème siècle, et s’il a choisi Pégasus en ouverture de l’exposition, cheval bondissant, immédiatement emblématique, c’est parce que, sans doute, il est entièrement composé d’une silhouette humaine aux quatre membres déployés, représentation de l’homme de la Renaissance par Leonard de Vinci… Une sacrée métamorphose.

Liza Zwann

* L’expression est une re-création du titre du dernier livre de Jacque Derrida : “ L’Animal que donc je suis “

 

 

 

 

« Infinies Métamorphoses » – Intervention de Jean-Claude MEYNARD au Musée des Arts et Métiers pour la journée d’étude  » Créations, Cerveaux, Infinies  » – Jeudi 15 Octobre 2015

Visuel Invitation

Le visuel de l’invitation est un détail d’une sculpture de Jean-Claude Meynard  » World Champagne » 

LE 15 OCTOBRE 2015

AU MUSEE DES ARTS ET METIERS DE PARIS

l’Institut Acte organise une Journée d’Etude sur le thème

“ CREATIONS – CERVEAUX – INFINIS ”

Liste des Intervenants

 Jean-Claude Meynard, artiste plasticien.

Bernard Andrieu, philosophe, professeur à l’ Université Paris-Descartes. (EA3625 «TEC»)

Pierre Coret, pédopsychiatre, psychanalyste intégratif.

Florian Gaité, chercheur en philosophie à l’ Université Paris Ouest Nanterre.

Peggy Gerardin, docteure en neurosciences à l’Inserm.

Etienne Klein, ingénieur, physicien au CEA.

Marion Noulhiane, neuropédiatre à UNIPEDIA / Inserm.

Pierre Quettier, ethnométhodologue, maître de conférence à l’ Université Paris 8.

Hélène Virion, docteure en Arts et sciences de l’art. Membre de l’Institut ACTE – Université Paris 1

Elisabeth Préault – Texte sur « Les Hybrides » de Jean-Claude Meynard – Extrait du Livre La Géométrie des Enigmes –

Métamorphoses et Hybridations dans l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – 2010

  À travers une œuvre qui va de l’hyperréalisme au fractal, Jean Claude Meynard a décliné deux thèmes majeurs : l’identité et le double.
Dès les années 70, avec les séries, Shizophrénie, le Jeu, Corps et Ames, jusqu’à la Matrice de Babel en 2009 où la silhouette humaine se fractalise et se démultiplie, il n’a cessé d’interroger ce « Je » qui est un « Autre ».
 Un « Autre Mythique » qu’il explore aujourd’hui avec la figure de Babel – tour de pierres qu’il a transformée avec le fractal, sa géométrie d’exécution, en une architecture d’hommes, réalisant ainsi sa première forme hybride.C’est sous ce signe de Babel qu’il a justement placé tous ses hybrides pour en signifier l’aspect transgressif. Elever une tour jusqu’au ciel est un défi aux lois humaines ; les hybrides de Meynard sont un défi aux fiches signalitiques de l’œuvre d’art : une date, un titre, une définition, un genre, une influence, une histoire. Meynard bouscule cet appareillage de la connaissance.Déjà il bouscule le temps. En rapprochant ses œuvres d’époques souvent très éloignées, en bannissant les genres, en recomposant l’hyperréalisme avec le fractal, il crée une brisure chronologique. Le temps cesse d’être linéaire, il devient spirale, zigzag, télescopage. Un temps inédit. Inventé. La Barque - peinture acrylique sur toile - 1975 / Ondes - Estampe sous plexiglas - 2004La Barque – peinture acrylique sur toile – 1975 / Ondes – Estampe sous plexiglas – 2004Comme l’espace. En hybridant ses œuvres, Meynard opère un changement d’optique et d’échelle, et l’œuvre nouvelle qu’il met à jour s’organise à l’intérieur d’un cadre absolument imaginaire.
Le parcours de Meynard, qui a porté sur le réel et la figuration de l’homme, a toujours été celui d’un chercheur de formes. Aujourd’hui, avec ses Hybrides, il explore la forme même de son œuvre. Par la combinatoire qu’il a mise au point, il greffe, associe, reformule, recompose ses propres toiles, comme si, en elles-mêmes, elles n’avaient pas tout montré, qu’elles contenaient d’autres possibles, d’autres figures, d’autres sens, d’autres toiles.
En cela, ce travail d’expérimentation qu’il réalise avec ses œuvres est aussi un mode de connaissance. Une toile qu’on penserait depuis longtemps connue, c’est à dire apprivoisée par le regard, une fois hybridée peut se révéler sauvage, méconnaissable.

Image 4

Ainsi quand Meynard réalise : « Icône I », hybride de l’Escalier de 1975, avec les Icares de 1995, et un Moucharabieh de 2005, il libère, enrichit, ou renouvelle les œuvres qui composent cet hybride.Dans une première approche, c’est le motif de la spirale, commun à ces trois œuvres, qui permet leur hybridation. Puis le travail de recréation donne à voir plus et autrement. L’escalier avec son mort énigmatique va au-delà de son référent visuel – cinématographique.En l’hybridant avec les Icares, Meynard dévoile sa dimension métaphysique, celle de la chute de l’homme. Quant aux Icares qui, par leur envol héroïque, défient la loi humaine, l’Escalier prosaïque leur apporte la dimension profane, la banale condition de l’homme, la chute sans grandeur.

Le Moucharabieh, lui, par son caractère intemporel, spiralé, presque byzantin, greffe les deux toiles d’une marque icônique. Ainsi Meynard, en hybridant ses trois œuvres, en les réinventant, réalise un grand icône sur la condition humaine : un panorama existentiel.

Meynard a toujours travaillé sur la forme – entre hyper réalité et géométrie fractale – il a tracé les figures du réel et de l’homme, et montré qu’une forme était toujours en devenir, en transformation et renouvellement. C’est pourquoi ses hybridations sont possibles, et fulgurantes, parce déjà en germes dans son parcours.

En faisant naître ses hybrides, en faisant de son art, de ses propres toiles, sa matière première et son terrain d’expérimentation, Meynard ouvre un champ de création à la combinatoire illimitée, et au delà, dans ce rapport particulier, dans ce duo qu’il a établi avec son œuvre, il crée un jeu de miroir – peintre et œuvre, qui regarde l’autre ?

ELISABETH PRÉAULT – juin 2010

Throughout works ranging from hyper-realism to fractal depiction, Jean-Claude Meynard has been a vehicle for two major themes: identity and the doppelgänger. From the 70’s, with the Schizophrenia, Games, Body and Soul series, all the way to the Matrix of Babel in 2009, where the human silhouette is fractured and multiplied, he has ceaselessly pondered this “I” which is an “Other”.

Here’s a “Mythical Other” which he is exploring today with the figure of Babel – a stone tower that he has transformed through his use of fractal geometry, turned into an architecture of Man, producing his first hybrid form.

It is precisely under the sign of Babel that he has put all of his hybrids to convey a transgressive feeling. Raising a tower into the sky defies human laws; Meynard’s hybrids are a defiance of the fact sheets of art works: a date, a title, a definition, a genre, an influence or a history. Meynard upsets this knowledge format. For a start, he upsets time. By juxtaposing his works from often very distant periods, by banning genres and by recomposing hyper-realism with fractal geometry, he creates a time warp. Time is no longer linear, it spirals, zigzags and telescopes. A new time. Invented. Like for space. By hybridizing his works, Meynard forces a change of optics and scale, and the new work that he updates is organized within an absolutely imaginary setting.

Meynard’s trajectory, geared towards reality and the human figure, has always been that of a seeker of shapes. Today, with his Hybrids, he is exploring the very shape of his work. By the combinations he’s perfected, he transplants, associates, reformulates and recomposes his own paintings, as if, by themselves, they had not yet revealed that they contained other possibilities, other figures, other meanings and other paintings.

Thus, this experimental task he’s doing with his works is also a gateway to knowledge. A painting that we thought was long ago understood – or tamed by the gaze – as soon as it’s hybridized – can reveal itself as wild and unrecognizable. So when Meynard paints “Icône 1”, a hybrid of “The Stairs” (1975) with “Icari” (1995) and Mashrabiya (2005), he liberates, enriches or renews the works making up this hybrid.

In a first approach, there’s the spiral motif, common to these three works, which enables their hybridization. Then the task of re-creation appears increasingly and diversely. “The stairs” with its enigmatic cadaver goes beyond its cinematographic visual reference.By hybridizing it with the Icari, Meynard reveals its metaphysical dimension, that of the Fall of Man. As for the Icari, who, via their heroic flight, defy human law, the stark Stairs provides them with an earthly dimension, the mundane human condition, the inglorious Fall. The Mashrabiya, through its timeless, spiralling and quasi-Byzantine character, implant an iconing imprint to the other two paintings. Thus Meynard, by hybridizing his three works and by reinventing them, produces one large icon for the human condition: an existential panorama.

Meynard has always worked on forms – whether they be in hyper-reality or fractal geometry – he traces figures from reality and from mankind, and shows that a shape has always been in progress, in transformation and renewal. That is why his hybridizations are do-able and striking, since they are already in germination in his artwork trajectory.

By giving birth to his hybrids, by using his art, his own paintings as his raw materials and his field laboratory, Meynard opens the creative path to unlimited combinations and beyond. In this special relationship, this duo he plays with his own works, he is creating mirrored interplay – painting and works, who is staring at whom?

Elisabeth Préault / 
Translated by Richard Prevett

  • Bibliographie Elisabeth Préault
  • Julius Terman – Roman – Edition Balland – 1992
  • Les Visages Pâles – Roman – Editions Gallimard – 1997
  • Les Hybrides – Babel, la Géométrie des Enigmes, l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – Editions Fragments International – 2010
  • Les Effacées, conversation avec un critique d’art – Préface du catalogue du sculpteur Pascal Bazilé, pour l’exposition « Fleurs de Fer », Galerie Claudio Botello, Turin, Italie, 2011
  • Toile de Fond, préface du catalogue de Corinne de Battista, 2013

Comment regarder une oeuvre d’art….

Ces photos ont été prises lors du vernissage de l’exposition de Jean-Claude Meynard  » Métamorphoses, Hybrides et autres mutations… » à la Galerie Lelia Mordoch-Paris, le 10 avril 2014.

TOURNER LE DOS !

TOURNER LE DOS …

TOURNER LE DOS !

TOURNER LE DOS TOUS EN MÊME TEMPS…

IGNORER...

IGNORER…

REGARDER L'OEUVRE DANS LE LIVRE...

REGARDER L’OEUVRE DANS UN LIVRE…

REGARDER L'ARTISTE...

FILMER L’ARTISTE… 

ECRIRE...

ECRIRE…

DIALOGUER DANS L'OMBRE...

SE PARLER DANS L’OMBRE…

PENCHER LA TÊTE...

PENCHER LA TÊTE…

NE PAS QUITTER DES YEUX...

NE PAS QUITTER DES YEUX…

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LEVER LES BRAS…

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PHOTOGRAPHIER…

REGARDER LA PHOTO...

REGARDER LA PHOTO…

SCRUTER...

SCRUTER INTENSÉMENT…

S'INTERROGER…

S’INTERROGER…

REGARDER DERRIERE

REGARDER DERRIÈRE…

TOUCHER POUR VOIR...

TOUCHER EN SOURIANT…

JOUER...

JOUER…

VIVRE UNE EMOTION...

VIVRE UNE EMOTION…

REGARDER...

RESTER FACE À FACE…

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DEVENIR OMBRE… ET LE TABLEAU LUMIÈRE ( Merci à Mr Pascal Lansberg )