Papillon de Meynard

Papillon Fractal - Sculpture Métal  240 cm x 240 cm - Photo Pascal Le Moil - Août 2013

Papillon de Meynard – Sculpture Métal 240 cm x 240 cm – Photo Pascal Le Moil – Août 2013

Papillon Fractal de Meynard - Sculpture Métal  240 cm x 240 cm - Août 2013

Papillon Fractal de Meynard – Sculpture Métal 240 cm x 240 cm – Août 2013

Papillon Fractal de Meynard -  Sculpture Métal  240 cm x 240 cm - Photo Pascal Le Moil - Août 2013

Papillon Fractal de Meynard – Sculpture Métal 240 cm x 240 cm – Photo Pascal Le Moil – Août 2013

Papillon Fractal  de Meynard - Sculpture Métal  240 cm x 240 cm - Août 2013

Papillon Fractal de Meynard – Sculpture Métal 240 cm x 240 cm – Août 2013

Corinne de Battista par Elisabeth Préault – Préface catalogue 2013 –  » Toile de Fond ».

TOILE DE FOND 

Par définition tout créateur est hanté, puisque toute création est comme la mise à jour d’une image obsédante, un dévoilement de fantôme.

Corinne de Battista n’échappe pas à cette règle, mieux, elle en joue : les fantômes occupent son territoire. Des fantômes dont elle ignore tout et qu’elle fréquente pourtant, avec lesquels elle vit, elle dort, elle s’entretient, fantômes qu’elle recherche inlassablement dans toutes les mémoires, la sienne et celle des autres… photos ! divins pièges à fantômes, les réapparus du passé… C’est dans le domaine publique,  brocantes, marché aux puces, ou collections d’amateurs, que Corinne de Battista débusque sa matière première… photographies de fin de siècle, le XIXème, clichés de studio, photos de classe, portraits de famille avec dames, avec messieurs, avec enfants. Elle dit : « Les enfants surtout sont impressionnants dans leurs habits du dimanche, un peu guindés, ils ne sourient pas et ils posent gravement… pour qui ?»

" Le Petit Modèle" Corinne de Battista
 » Le Petit Modèle » Corinne de Battista

Anonymat. Anonymat des gens sur les photos, anonymat des photographes, seule l’époque est décelable – par ses accessoires, ses costumes, ses jeux –  c’est l’époque des enfants immobiles. Normal, en habits du dimanche, il n’est pas question de courir, ni de froisser sa robe, il est même question d’arrêter le temps pour être là, tout beau, là où il faut être, exactement, sur la photo.

Cette posture, cette pose arrêtée de l’enfance fascine en premier. Notre époque, à travers ses représentations, saisit les corps dans leurs mouvements, leur aisance, leur liberté… l’immobilité, a contrario, signe la mort. Entre les deux, se tient le fantôme.

C’est bien cela que Corinne de Battista a vu, reconnu, ce fantôme-là, un peu guindé, qui ne sourit pas et qui pose gravement – pour elle. Quand on écrit on a toujours un fantôme assis à côté de soi, disait Julien Gracq, et pour reprendre la totalité de son texte en l’adaptant à la création picturale:

 » La toile ne vit que par le genre de liberté que lui donne l’espace et la couleur, utilisés selon leurs vraies pouvoirs, mais elle n’est tirée du néant que par la contrainte qu’impose de bout en bout au peintre une image exigeante, une obsession non entièrement picturale dans sa nature. « Adorable fantôme qui m’as séduit, lève ton voile ! » supplie le peintre – mais l’invisible apparition lui met en mains le pinceau.

Pas si simple.

Il faut d’abord que Corinne de Battista négocie – avec l’émotion. Il faut que les photos, les personnages la touchent au cœur, mais un cœur de peintre qui ressent, au-delà de la chose vue, la possibilité d’une œuvre ; au-delà des archives de la vie, l’autre vie possible, celle de la peinture, de l’espace temps recomposé. Elle dit que la sélection est rapide, que certains éléments sont déterminants, les regards, les postures, les tenues… ainsi le futur modèle apparaît, se dessine, et, droit dans les yeux, semble dire au peintre : « Regarde, c’est moi ! ». Plus qu’une sélection, c’est une reconnaissance mutuelle.

C’est après que le travail commence.

Dans un premier temps un travail d’épure, une manière de chirurgie, avec ordinateur, scanner, logiciel et filtre informatique, pour extraire de la photographie, de l’histoire, du temps embrouillé, son centre de gravité, de fixité, son schéma sensible, l’adorable fantôme qui attend, du peintre, sa mise à jour, sa mise en vie, et là il faudra que chacun tienne sa promesse : le fantôme d’apparaître et le peintre de peindre…

Ainsi De Battista travaille-t-elle – à deux, elle et son fantôme. En cela elle s’apparente à tous les créateurs, sauf que pour elle, le fantôme est à la fois sujet et objet de sa peinture, une peinture qui, au-delà, construit un visuel de l’apparition.

"La Mascarade" - Corinne de Battista
« La Mascarade » – Corinne de Battista

Une construction très élaborée, méthodique, qui passe par l’étude du personnage, le tracé de ses contours sur la toile comme autant de limites et découpes du territoire à peindre, puis, de la valeur la plus foncée à la plus claire : la mise en lumière. Corinne de Battista dit que cette phase préparatoire est lente et laborieuse, mais qu’il y a dans ce « labeur », un délassement, une sensation de temps bienveillant, nécessaire avant d’affronter le corps même de son sujet, le corps du fantôme.

Mais, au fait, ça apparaît comment un fantôme?

"Petite fille aux oiseaux" - Corinne de Battista
« Petite fille aux oiseaux » – Corinne de Battista

Douloureusement, répond-t-elle. Parce que, désormais, elle va travailler le « personnage » et « le fond sur lequel il va apparaître » en même temps, dans une recherche d’équilibre entre apparition et disparition, naissance et mort… « Dans ces moments-là, je suis comme sur une brèche et, de chaque côté, se tient le ravin » confie-t-elle. Son travail sur les masses, la densité des fonds, les montées chromatiques, les recouvrements successifs, tout son art de « la fixité » va alors s’employer à lutter contre le vertige pour mettre en place, en peinture, en vie, l’apparition…

« Vous l’avez-vu ? » ainsi nomme-t-elle l’une de ses toiles représentant une petite fille qui, assise sur une chaise, désigne du doigt le lapin qui passe au-dessus de sa tête.

"Vous l'avez-vu ?"
« Vous l’avez-vu ? » – Corinne de Battista

Oui, on l’a vu, on a même vu le fantôme qui voit le fantôme, et pourtant, par essence, les fantômes sont incertains, inconstants, là et déjà évanouis, vrais et pourtant illusoires, mais De Battista, justement, peint cette hésitation de leur être, leur flottement, entre mémoire et oubli, et, tandis qu’elle montre à la fois leur présence et leur dissolution, elle révèle leur géométrie :  la fixité et le flou.

"Soeur et Frère" - Corinne de Battista
« Soeur et Frère » – Corinne de Battista

Dans l’une de ses dernières toiles, «  Soeur et Frère », le flou s’insinue sur la gauche, sur le personnage du petit garçon qui commence à s’effacer, on dirait que la toile se dilue, une dilution d’aquarelle, tandis qu’apparaît au premier plan une figure géométrique, une sorte de cube déplié dont la présence semble incongrue ; c’est là une toile exemplaire, presque conceptuelle, qui montre sur un même plan, le flou et, à côté, une forme détachée, purement géométrique, intellectuelle, une forme d’idée. Car, à défaut d’exister, les fantômes naissent quand même de « quelque part », d’une toile de fond émotionnelle, mais aussi, comme la peinture, comme l’art, ils naissent d’une idée – de mort et d’immortalité – ils sont « cosa mentale »

Corinne de Battista, dans son parcours de peintre, achemine ses personnages vers « cette mise à distance », elle installe leur géométrie, leur langage pictural, leur identité d’énigme que sa peinture explore.

Certes, on peut toujours dire de ses personnages qu’ils sont des doubles, des sosies, des miroirs, des rêves, des bouffées de mémoires, on peut décliner tout le glossaire de la psychanalyse, sauf que Corinne de Battista est avant tout un peintre et qu’il n’existe aucun fantôme – revenu du froid mortel – sans créativité brûlante.

Elisabeth Préault – préface du Catalogue d »exposition de Corinne de Battista / Sept 2013

Site de Corinne de Battista

Exposition personnelle Galerie ESPE Confluence(s), Lyon

Lieu : Galerie ESPE Confluence(s)
5 rue Anselme
69004, Lyon
Tél : 0472073074
http://iufm.univ-lyon1.fr/confluences/exposition-a-suivre

  • Bibliographie Elisabeth Préault
  • Julius Terman – Roman – Edition Balland – 1992
  • Les Visages Pâles – Roman – Editions Gallimard – 1997
  •  » Les Hybrides  » – Babel, la Géométrie des Enigmes, l’oeuvre de Jean-Claude Meynard – Editions Fragments Internationales – 2010
  •  » Les Effacées » – Préface du catalogue du sculpteur Pascal Bazilé, pour l’exposition « Fleurs de Fer », Galerie Claudio Botello, Turin, Italie, 2011 

CHAMPAGNE POMMERY PAR JEAN-CLAUDE MEYNARD A LA FIAC 2001

Les Champagnes Pommery commande une oeuvre fractale à Jean-Claude Meynard – cette oeuvre est exposée à la FIAC du 10 au 15 octobre 2001.

« POP CHAMPAGNE « , l’œuvre fractale de Meynard réalisée pour les Champagnes Pommery est conçue comme un mouvement d’horlogerie.

Chaque explosion de bulles de champagne matérialisée par autant de capsules ou muselets multicolors, inscrit son impact dans un espace circulaire en ondes successives qui se propagent à l’infini.

Les bulles se démultiplient verticalement et horizontalement en trajectoires aléatoires comme les orbites de corps célestes qui en éclatant, illuminent l’espace-temps.  

oeuvre fractale de Meynard pour Pommery

Pour Pommery, « Pop Pommery » oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard. Présentation à la FIAC 2001 – architecture en plexiglas 120 cm X 120 cm

Pour les champagnes Pommery, oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard. Présentation à la FIAC 2001 - architecture en plexiglas 120 cm X 120 cm

Pour les champagnes Pommery, « Pop Pommery » oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard. Présentation à la FIAC 2001 – architecture en plexiglas 120 cm X 120 cm

Oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard pour Pommery

Pour les champagnes Pommery, « Pop Pommery  » oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard. Présentation à la FIAC 2001 – architecture en plexiglas 120 cm X 120 cm

Oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard pour Pommery - Présentation FIAC 2001

Pop Pommery – Oeuvre de  Jean-Claude Meynard pour Pommery – Présentation FIAC 2001

Oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard pour Pommery - Présentation FIAC 2001

Pop Pommery – Oeuvre fractale de Jean-Claude Meynard – Présentation FIAC 2001

Hyperstreet de Jean-Claude Meynard – Histoire d’un tableau

Dès ses premiers tableaux, au début des années 70 Jean-Claude Meynard interprète l’acuité du regard dans le sens d’une plus grande force de saturation du visible. Dans les scènes urbaines ou sportives qu’il peint alors, l’ensemble du tableau apparaît dépourvu d’une hiérarchisation compositionnelle ou d’un quelconque centre focal. Construite par accumulation tabulaire et par juxtaposition de détails, l’image ne se laisse appréhender que comme un fouillis de formes en lutte entre elles. Autrement dit, la surabondance des éléments visuels provoque un effet nouveau qui remet en cause nos habitudes perceptives telles quelles ont été fixées par la peinture de la Renaissance, à savoir que l’immobilité de la représentation picturale équivaut toujours à une maîtrise du réel représenté. En fait, il s’agit d’un effet visuel qui est vital et troublant à la fois puisqu’il nous amène à une redécouverte tonifiante de la richesse du réel, mais aussi à nous confronter à l’irréductibilité de cette luxuriance des formes et des objets qui nous entourent. La réalité est quelque chose de multiple et de non maîtrisable, telle est la première approche du monde que propose la peinture de Jean-Claude Meynard. ( Texte de Giovanni Lista)

Le pop-art n’était un réalisme qu’en apparence. Tout le glissement qu’il opérait de l’objet à son image ne servait qu’à démontrer l’absence de l’objet dans l’image. Toute image, même la plus apparemment réaliste, est un fantasme. C’est dans la ligne du pop-art que Meynard a d’abord montré sa virtuosité de dessinateur. Il fallait le voir peindre une moto, les innombrables bouteilles derrière le comptoir du bistrot, ou même en quatre tableaux reconstituer le paysage d’une rue de la Butte Montmartre en une vue panoramique. C’était en 1975. La précision dite photographique en peinture nous trouble et jadis déjà le trompe l’oeil créait un fascinant malaise. Peut-être est-ce qu’il y a quelque chose de maniaque dans l’extrême précision, une façon de remplir le tableau de détails pour que s’y perde le regard, et sans doute aussi un désir un peu fou de ne rien laisser échapper d’une réalité qu’on ne peut pourtant représenter que dans la mesure où on s’en retire. ( Texte de Gilles Plazy)

1975 Hyper Street 1

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de JC Meynard – peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur – 1974/1975 – 1er panneau

1975 Hyper Street 2

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de JC Meynard – Peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur 1974/1975 – 2ème panneau

1974 Hyper Street 3

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de Meynard – Peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur 1974/1975  – 3ème panneau

1974 Hyper Street 4

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de Meynard – Peinture acrylique sur toile – 7 mètres de longueur 1974/1975 – 4ème panneau

19741975-hyper-street1

HYPERSTEET – quadriptyque hyperréaliste de JC Meynard – Vision totale  –

PARCOURS DE L’OEUVRE

HYPERSTREET a été présentée pour la première fois en 1975 à la galerie De Novum à Dusseldorf (Allemagne) puis, la même année, à la FIAC (Paris).

En 1976, elle a été présentée à la galerie « La Passerelle Saint Louis » (Paris) où elle a été acquise par un collectionneur qui par la suite a acquis la toile le  » FLIPPER »

HYPERSTREET, est réapparu pour la première fois en 2010 pour l’exposition  » Babel, la Géométrie des Enigmes ». L’exposition, organisée par Robert Bonaccorsi à la Villa Tamaris Centre d’Art, France, regroupait 30 ans de créations de Jean-Claude Meynard.